‹ Œuvres diversesChapitre 8 sur 154 · SO ANCIENNES INSCRIPTIONS · texte numérisé non relu

SO ANCIENNES INSCRIPTIONS

Cette Porte depuis transférée au bout de cette rue, à l'entrée de la Place du Breûil , et fut appellée Porte-Treine , c'est à dire porte de Trajan. Le Connétable de Lesdiguieres la fît abattre et porter ailleurs pour servir d'entrée à un nouvel agrandissement de la Ville ; et luy donna le nom de Bonne qui estoit celuy de sa famille : enfin en 1672 elle a encore esté abatuë et redifiée en un autre endroit où l'on a encore augmenté cette Ville , l'Inscription ancienne n'y est plus, le mesme Connestable y en a fait mettre une autre en son frontispice en debors, que je donneray ailleurs avec celles qui ne me paroistront poii;^t anciennes.

L'autre porte élevée par le mesme Maximian estoit appellée Viennoise , parce qu'elle estoit construite du côté par où l'on venoit à Vienne. L'Inscription marque encore que la ville estoit nommée CuUzrOy la voicy :

D.D. N.N. IMP. C^S. CAIVS AVREL. VALERIVS DIOCLETIA NVS P.P. IN VICTVS AVGVSTVS ET IMPER. CiESAR. MAR. AVREL. VALERIVS MAXIMI AN VS PIVS FELIX INVICTVS AVGVSTVS MVRISCVLARONENSIBVS CVMINTERIORI BVS iEDIFICIIS PROVIDENTIA SVA INSTITVTIS ATQVE PERFECTIS PORTAM VIENNENSEM HERCVLEAM VOCA RI IVSSERVNT.

On ne trouve plus rien de cette inscription , la porte mesme a esté détruite. Monsieur Expilly a escrit au chap. 158 de ses Arrests, qu'elle estoit vers l'Evesclié; il est vray qu'elle n'en estoit pas fort loin , puis qu'elle estoit élevée auprès des Poisles delà rué Chaunaise, cette rué n'estant pas alors dans la Ville. Le plassage qui estoit aux environs appartenoit à la famille de Ghaunais qui luy a donné son nom. Fay veu ces deux portes crayonnées en un Recueil de Plans qui est dans vostre Bibliothèque.

Vne espistre de Plancus qui est parmy celles de Ciceron donne encore le nom de Cularo à cette ville en ces termes : Vale VIIII. Id. lunias Cularone ex finihus Allohrogum, En effet Grenoble est situé aux confins des Allobroges, jusques-là mesme que les deux Faux-Bourgs de S. Laurent et de la Perrière sont reputez de TAllobrogie , au lieu que le Ville qui n'en est séparée que par la Rivière de l'Isère est dans le pays des

Yoconces. Ce sont des choses que vous scavez mieux que moy, vous qui avez si sçavamment écrit l'Histoire de cette Province , et qui nous avez si bien démeslé tous les peuples anciens qui ' Font habitée.

Dans la Table de Peutinger qui marque un chemin par les Alpes Cottiennes, on trouve cette ville sous le nom dé Culàbo , et in notitia utritisque imperity cap. 90, il y a tribus Cohoriia prima Flavia Sapaudia Cularonœ.

Ce changement de nom a esté fait sans doute la cause que cette ville n'a pas esté célébrée par les anciens écrivains, ny mesme par ceux des derniers siècles qui n'ont pas sceu la trouver sous le nom de Cularo, j'en donneray les raisons- plus au long dans la description ancienne et moderne de cette ville à laquelle je travaille ; mais comme mon dessein n'est que de vous ][)arler de ses Inscriptions anciennes , à cause des deux que nous venons de découvrir, je suis d'avis de n'aller pas si loin, l'estenduô mesme d'une lettre ne le permettant pas.

Que dites vous de ces deux Inscriptions que nous avons lues sur deux pierres qui sont engagées dans les murailles de la maison de Monsieur de Rabot, du costé de ses jardins? je m'estonne que jusques icy personne n'en ait fait mention , et que mesme elles n'ayent esté connues aux curieux qui ont passé avant nous. Feu Messieurs Expilly , de Ponnat , de Boissieu , et de Lionne qui ont si longtemps recherché les antiquitez de cette Ville, n'en ont asseurement jamais rien sceu, puis qu'ils n'en ont jamais rien dit ny à vous ny à moy.

Bien qu'elles soient arrachées aux anciennes murailles de la ville, du costé où estoient ses fossez, on voit bien néanmoins qu'elles y ont esté mises de nos jours : apparemment feu Monsieur le premier Président d'Dlins de la mesme famille de Rabot, les ayant voulu sauver de Tinjure du temps, les avoit fait mettre aux endroits où nous les avons veuôs, et comme depuis plusieurs années ils ont été fermés par des jardins, elles ont échapé à la connoissance des curieux.

Quoy qu'il en soit, le lieu où elles sont est auprès de celuy où estoit le Temple de Mars; les termes avec lesquels elles sont conceués , sont des marques infaillibles que ce sont des monumens funèbres que les Romains eslevoient aux mannes de leurs

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parens. C'est & leur imitation que les Chrestiens dressent leurs epitaphes.

le Yous ay promis ces deux Inscriptions » et je vous les envoie.

T. ML. FORTUNA VRTIINI TITNI

TI ET PAPIRIiE P. C. H.

QVIETiE PAREN CONIVGI

TIVM ET T. MLÏ. SANCTISSIMAII.

QVIETIFRATRIS T. iELIVS FORTV NATVS PIISSIMIS.

Quelques simples qu'elles paroissent, elles sont pourtant anciennes , et il seroit à souhaiter qu'on les vit occuper des places plus honorables que celles où elles sont logées : c'est un outrage qu'on fait à la sacrée antiquité, d'en laisser les marques exposées à l'ignorance d'un jardinier , ou à la barbarie d'un valet , ô tempara , ô mores.

U y a une grosse pierre au devant de la maison de Mr Ferrand, sur laquelle est la moitié d'une autre Inscription; le reste est égaré , mais Estienne Barlet nous l'a laissée toute entière dans le Recueil qu'il a fait de toutes celles de Grenoble. La pierre qui manque jointe à celle-cy, iaisoit que la £sice en estoit grande et belle, et qu'il avoit esté nécessaire deluy trouver un lieu cqmmode et estendu, car l'Inscription estoit écrite de cette manière.

SEXTIUO GALLO imi AVG. ATTIA ATTICI FIL. BELLICA CONIVGI SANCTISS. ETSIBI VIVA POSTERISQ. SVIS FEC

On voit par cette Inscription que les femmes avoient soin de perpétuer la mémoire de leurs maris, et que parmy les Payons , comme parmy les Chrestiens tous ceux d'une mesme famille avoient un sepidchre commun.

Contre la muraille de la mesme maison, sur la rue on peut encore lire la première de ces deux-cy, qui est un témoignage de l'amitié d'un fils, et d'un mary envers son père et sa femme.

T. ML, ÀVG. A CAPRIUO ANTVLLO

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