‹ Œuvres diversesChapitre 18 sur 281 · PREMIER PAPIER DE NOTRE BIENHEUREUSE MERE · texte numérisé non relu

PREMIER PAPIER DE NOTRE BIENHEUREUSE MERE

Ce qui m'a été dit, par notre Bienheureux Père, pour mon exercice intérieur. Il me dit ainsi, en ses derniers avis, après une retraite annuelle :

« Notre-Seigneur vous aime, ma chère Mère, il vous veut toute sienne : n'ayez plus d'autres bras pour vous porter que les siens, ni d'autre sein pour vous reposer que le sien et sa Providence. N'étendez votre vue ailleurs et n'arrêtez votre esprit qu'en lui seul. Tenez votre volonté si simplement unie à la sienne en tout ce qui lui plaira faire, de vous, en vous, par vous, et pour vous, et en toutes choses qui seront hors de vous, que rien ne soit entre deux. Ne pensez plus à chose quelconque de tout ce qui vous regarde, tant pour la vie que pour la mort, car vous vous êtes toute abandonnée et remise au soin de l'amour éternel que la divine Providence a pour vous; demeurez là en repos, en esprit de très-simple et amoureuse confiance, et ceci se doit pratiquer non-seulement à l'oraison, où il faut aller avec une grande douceur d'esprit, sans dessein d'y faire chose quelconque, ains seulement pour être à la vue de Dieu, dans celte simple remise et repos en lui, et comme il lui plaira, se contenter d'être à sa présence, encore que vous ne le voyiez, ni sentiez, ni sauriez représenter, et ne vous enquérez de lui, de chose quelconque, sinon à mesure qu'il vous excitera. Ne retournez nullement sur vous-même, ains soyez là près de lui; non-seulement, dis je, il faut pratiquer cette simplicité et abandonneront en l'oraison, mais en la conduite de toute la vie, rejetant et délaissant toute votre âme, vos actions, vos succès, vos affaires au bon plaisir de Dieu et à la merci de son soin : il faut tenir l'âme ferme dans ce train. »

PAPIERS INTIMES. 6:î

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