SES CONFÉRENCES AVEC LES HERETIQUES
Ad decimum sextum respondit :
Je dis que notre Bienheureux alla par deux fois à Genève pour essayer de convertir l'hérésiarque Bèze, et ce par commandement de notre Saint-Père le pape Clément VIII , ainsi qu'on voit parles brefs qu'il lui envoya à ces fins; c'était avec péril évident de sa vie, s'il eût été découvert.
Ce Bienheureux fut aussi à Genève pour convaincre le sieur de La Faye, ministre qui, par ses artifices, retardait la totale
conversion du seigneur d'Àvully, duquel j'ai ci-devant parlé, que le Bienheureux avait instruit à la foi catholique, apostolique et romaine; car après plusieurs assignations de rencontrer que le ministre présentait, et auxquelles il manquait toujours, notre Bienheureux se résolut de l'aller trouver chez lui dans Genève; et en présence de plusieurs personnes de qualité dignes de foi qui me l'ont dit, il le convainquit et le rendit muet, quoique avec son accoutumée douceur et modestie.
C'est aussi chose vraie et publique que plusieurs fois notre Bienheureux a fait rechercher et presser les ministres de Genève de faire des conférences sur les points de controverse , ce qu'ils ont toujours refusé. Et même une fois ce Bienheureux s'offrit d'aller jusque dans la ville de Genève avec six ecclésiastiques, et qu'eux eussent autant de ministres qu'ils voudraient. J'ai ouï dire ceci à ce même Bienheureux, ajoutant que sa confiance de les convaincre était appuyée sur la seule force de la très- véritable foi catholique, et non sur sa science , ni de ses assistants.
Cela est très-vrai et public, qu'une infinité de fois, à Paris, à Grenoble et autres divers lieux, il a fait des conférences avec des hérétiques, et en a converti une infinité, et même des ministres. Aussi dit-on que feu monseigneur le cardinal du Perron disait, que pour confondre les hérétiques, il les lui fallait mener; mais qui les voulait convertir, il les fallait mener à monseigneur de Genève qui avait reçu de Dieu le don pour cela. Et ceci est vrai, notoire et public.