‹ Œuvres diversesChapitre 242 sur 281 · AVANT SON DÉPART POUR LA FONDATION DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

AVANT SON DÉPART POUR LA FONDATION DE MONTPELLIER

Dieu vous destine à une grande œuvre, ma très-chère fille, pour l'exécution de laquelle vous devez prendre un grand courage et vous armer de la force de Dieu , en jetant en lui tout votre soin par une absolue et très-ferme confiance, vous appuyant fortement en son amour et en la conduite de sa paternelle Pro-

* Ces conseils, écrits de la main de la Sainte, furent donnés à la Mère Louise-Dorothée pendant son noviciat, et au moment de son départ pour la fondation de Montpellier. (Archives du premier monastère de la Visitation d'Annecy.)

vidence. Tenez-vous en la main de sa divine volonté comme un instrument inutile et imbécile duquel sa sagesse ne laissera de faire de beaux et bons ouvrages, mais soyez sur vos gardes afin que jamais vous n'en receviez aucune complaisance ou satisfaction vaine ; mais rendez-en à Dieu la louange et toute la gloire, car aussi à lui seul elle est due pour toutes sortes de biens, ayant dit de sa bouche sacrée, que nous ne pouvons rien sans lui.

Ne vous étonnez nullement s'il vous arrive des contradictions à votre établissement, ni au progrès de ce saint œuvre, car Dieu veut que ses affaires se fassent parmi plusieurs difficultés, afin que quand toutes choses sont accrochées selon la prudence humaine, il fasse reluire sa sagesse et sentir la promptitude de son secours paternel.

Peut-être aurez-vous quelques nécessités temporelles, ce que je ne crois pas • mais si elles arrivent , réjouissez-vous saintement et tenez cela à grand bonheur, tâchant de faire valoir l'occasion pour la pratique de la sainte pauvreté, et donner des preuves de votre entière et ferme foi et confiance filiale en Dieu, et ne doutez point, car le secours viendra à point nommé, mais attendezle en patience, sans laisser nullement ébranler votre espérance.

Je supplie le divin Sauveur de vous tenir de sa main paternelle, et de vous appuyer, conduire, éclairer et soutenir de sa main puissante, suavement et fortement en toutes vos nécessités et actions, et vous combler de son saint et pur amour, et toutes les âmes qu'il rangera sous votre conduite. Je crois que vous ne m'oublierez jamais devant sa bonté : je ferai le même et vous tiendrai toujours chèrement au milieu de mon cœur comme ma très-chère et bien-aimée fille, à qui je suis entièrement en Notre-Seigneur, qu'il soit béni ! Amen.

Soeur Jeanne-Françoise Frémyot.

Je vous dis encore ce mot, ma très-chère fille : aimez cor-

dialement vos Sœurs qui vont avec vous; soyez toute leur joie et consolation en Dieu; traitez avec elles franchement, naïvement, confidemment et à la bonne foi, et les tenez fort unies à vous, et vous à elles; dites-leur tout simplement et naïvement ce que vous jugerez être très-utile à leur bien, cela les obligera; vous emmènerez de bonnes Sœurs qui n'ont aucune prétention que de bien faire et vous obéir sincèrement; soyez-leur bien bonne mère, je vous en supplie, ma très-chère fille, afin qu'elles vivent avec grand contentement avec vous et en leur vocation; toutes vous aiment grandement et veulent vivre en parfaite union, surtout l'assistante le témoigne : faites-lui de même, car vraiment je trouve que c'est une bonne et vertueuse religieuse qui vous aidera bien ; elle n'a nulle prétention que de bien servir Dieu et faire l'obéissance.

Page 1