C'est le mémoire reproduits aux pp. 39-60 de ce volume
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monteix. Les quatre années écoulées depuis son retour lui avaient rendu la disposition de tous ses moyens, son cours prospérait, ses études hiéroglyphiques étaient à peu près terminées et Edfou s'annonçait bien ; ses analyses de linguistiqueafricaine marchaient rapidement, et il rédigeait un mémoire sur les dialectes berbères, en réponse à une des questions posées par TÂcadémie des inscriptions et belleslettres pour le prix Bordin. Il allait récoller enfln le prix de toutes ses fatigues, et donner au monde savant les résultats multiples accumulés patiemment pendant ses années de jeunesse.
La maladie ne lui laissa pas le temps d'accomplir ses projets. Il avait déjà ressenti en Egypte les atteintes de plusieurs affections assez graves : une attaque de diabète n'avait duré que quelques mois de 1882 à 1883, des spasmes au cœur étaient survenus et des accès d'anémie parfois inquiétants. Il cachait soigneusement ses souffrances, même à sa famille ; il demeurait toujours pour ses amis le mêmeRochemonteix, jovial et de vaillante humeur, qu'ils avaient connu a l'École des Hautes- Études ou dans les restaurants du Quartier-Latin. Une angine de poitrine se déclara brusquement en juin 1889, et faillit l'emporter : une médication énergique et les soins empressés des siens le sauvèrent, mais sans lui rendre sa santé d'autrefois. Il ne pouvait ni marcher librement, ni monter un escalier, ni sortir le soir sans s'exposer à des accidents peut-être mortels. Il ne se berça d'aucune illusion sur le sort qui l'attendait et, malgré le mieux qui se manifestait, il restreignit résolument ses ambitions d'avenir. Il ne parla plus de ses thèses de doctorat, il diminua de beaucoup les heures qu'il
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consacrait à la préparation de son cours, et concentra toas ses efforts snr les œuvres qui Ini tenaient le plas au cœar, Fétade des dialectes berbères, la publication d'EdfoQ. L'éducation de ses enfants remplissait tout le temps que ces deux sujets d'études n'occupaient pas. L'hiver à Paris, rété au Berry chez l'une de ses tantes, ou à Vézelay dans une maison qu*il avait louée tout au haut de cette petite ville, il copiait ses estampages, transcrivait soigneusement son manuscrit, traduisait les inscriptions : il avait réussi à préparer de la sorte le texte et le commentaire d'une quarantaine de pages, il avait commencé Timpression et même donné le bon à tirer d'une première feuille, quand la mort le surprit et le terrassa au moment où il la croyait encore loin de lui. Le séjour de Vézelay lui réussissait si bien qu'en 1891 il le prolongea au delà des limites ordinaires : il s'attarda en octobre, puis en novembre, puis en décembre, el ne se décida à partir (ju'à la Xoël. Il rentra à Paris le 23 décembre, se fatigua à surveiller le transport de ses bagages, gagna un gros rhume dans son escalier, s'alita par prudence. Son état ne présentait pas de gravité en apparence, et le médecin ne redoutait aucun accident fatal, lorsque soudain, dans la matinée du 30, les symptômes d'une attaque nouvelle se manifestèrent avec une rapidité telle que le soir même, vers quatre heures, tout était fini. La nouvelle de cette mort prit au dépourvu la plupart des personnes qui connaissaient M. de Rochemonleix ; elles l'avaient vu si souriant, si brave, si maître de lui-même qu'elles ne soupçonnaient pas la nature du mal qui le rongeait, et ne se doutaient pas qu'il avait passé les deux dernières années de sa vie sous la menace d'une crise sou-