ACTE 1, SCÈNE III. Sog
Qu'elle ne soit la fille et l'héritière unique De feu monsieur Duclos qui , pour certain écrit , A fîlc Saint-Domingue, hélas! mourut proscrit? Est-ce à moi qu'on viendra soutenir le contraire , A moi qui la vis naître et qui lui sers de mère ?
DUCLOS
Comment donc! elle plaide!
MARIE
Eh vraiment ! pourquoi pas ?
Je ne vous conçois point, vous autres avocats : L'affaire est toute simple, et vous, j'en suis certaine, Vous allez pérorer , qui sait?... une semaine , Pour l'embrouiller peut-être au lieu de l'arranger. On vous écoutera pourtant , vous , étranger ; Mais Cécile et moi? point. Et cependant, je pense, On devrait l'écouter , elle , de préférence. Mais bon ! que je suis sotte et que de vains discours ! Vous ne m'écoutez pas et je parle à des sourds.
(montrant Duclos.)
Que de fléchir monsieur il ne soit pas focile ,
Soit, il a refusé même de voir Cécile.
Mais vous , monsieur Armand , vous plaider contre nous !
Devions- nous donc attendre un pareil trait de vous?
DtTCLOS.
Ah!... pourquoi pas?
MARIE
Allez! c'est de la perfidie!
Après avoir montré tant d'intérêt...
ARMAND, voulant rinlenoniprc.
Marie...
DUCLOS
Vous vous connaissiez donc beaucoup ?
MARIE
Nous le voyions Tous les jours.
DU CLOS
Tous les jours !
MARIE
Et lorsque nous sortions Souvent il nous suivait, et cela faisait dire Qu'il était amoureux de nous.
DIJCLOS.
Lui!
ARMAND , a part.
Quel martyre !
MARIE
Mais bah! les avocats! comptez donc là-dessus! Ça ne sait que parler, parler , et rien de plus. Parlez donc. Je rejoins l'oncle de ma maîtresse; Peut-être obtiendra-t-il plus que moi. Je vous laisse, Et vois avec regret que les gens à talents, Par malheur, ne sont pas toujours de bonnes gens.
(Elle sort.)