‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 12 sur 218 · CONSTANCE, JULIE · texte numérisé non relu

CONSTANCE, JULIE

CONSTANCE , à part.

A la fin je respire!

JULIE

Qu'avez- vous donc, ma sœur?

CONSTANCE

Moi!

JULIE

Votre cœur soupire ; Le retour de Florval vous plaît-il moins qu'à moi?

CONSTANCE

Non... mais il me tardait d'être seule avec toi, Ma Julie : une sœur qui nous chérit , qu'on aime , Qui dans notre bonheur met son bonheur suprême , Pour une ame sensible est un trésor si doux !

SCEINL VI. G;

O ma sœur! heureux ceux qui goûtent, coiiune nous, La douceur d'être unis par une amitié pure, Qui resserrent les nœuds formés par la nature; Qui trouvent leurs plaisirs en écoutant sa voix , Et s'aiment par devoir, moins encor que par choix !

JULIE

Ah! que vous dites vrai ! le bonheur de la vie, Je le sens, c'est d'avoir une sœur pour amie.

CONSTANCE

Puisses-tu, ma Julie, ainsi penser toujours! Tu n'es à peine encor qu'au printemps de tes jours, Ton cœur n'a point parlé; mais tu sais déjà plaire : D'un bonheur idéal l'image mensongère , Peut-être... ah! de l'amour redoute le poison, Julie ; avant ton cœur consulte ta raison , Rappelle-toi toujours...

JULIE

Je ne puis rien comprendre , Ma sœur, à ce danger dont il faut me défendre; Et que m'importe à moi si l'amour fait du mal ?

(étourdiment.)

Est-ce donc de l'amour que je sens pour Florval ?

CONSTANCE

Je ne sais, mais enfin...

JULIE

Je l'ignore de même , Et tout ce que j'en sais , ma sœur, c'est que je l'aime , Et qu'en le chérissant, mon cœur, loin de souffrir. S'abandonne sans crainte à son plus doux plaisir.

CONSTANCE

Mais êtes-vous aimée?

Eh! par reconnaissance, Ne doit-on pas aimer qui nous aime? Je pense Que rien n'est plus juste.

CONSTANCE

Oui , mais rien n'est moins fréquent.

JULIE

Vous m'effrayez , ma sœur !

CONSTANCE

Je vous dis vrai.

JULIE

Comment ?

CONSTANCE

On vient, ma sœur, sortons.

JULIE

Pourquoi ? c'est lui , je gage ; Restons.

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