ACTE I, SCÈNE VI
COURVILLE
Rédigez Vos propositions,
A.RMAND.
Je n'en ai point à faire.
ROBERTOT.
Allons! cédons tous deux un peu, mon cher confrère, Parlez.
ARMA.ND
Non; mon client, un instant, en effet, D'une transaction avait eu le projet.
11 a changé d'avis ; nous plaiderons l'affaire.
ROBERTOT.
Eh bien ! nous plaiderons , si cela peut vous plaire. Nous aurons vingt témoins.
ARMAND
Sans preuves par écrit !
Oui, vingt; je voudrais voir qy'on nous les interdît!
ARMAND
Où serions-nous, monsieur, sans une loi contraire? Si chacun, par témoins, pouvait prouver son père, Les pauvres pourraient bien rester sans héritiers, Mais les riches bientôt en auraient des milliers.
ROBERTOT.
Lorsque le tractatus est clair et véritable...
COURVILLE
Encore du latin!
3i8 L'AVOCAT,
ROBERTOT.
£n matière semblable, Nous avons dix arrêts, rendus rien qu'à Paris , Qui font jurisprudence, arrêts in terminis^ Arrêts en robe rouge et chambres assemblées, Dont toutes vos raisons se verront accabl ées. Ah ! vous croyez avoir affaire en ce débat A quelque novice; oui! mais monsieur l'avocat, Nous verrons, car ma cause...
ARMAND
Est des moins favorables .
ROBERTOT.
Bah! j'en ai gagné cent qui n'étaient pas gagnables. Bientôt nous nous verrons face à face au Palais.
ARMAND
Je l'espère.
]3onjour.
( Il vft pour sortir et revient.)
Songez-y; je m'en vais.
ARMAND
Serviteur.
ROBERTOT, à Courville.
Venez.
COURVILLE
Non....
(bas.)
Vous en savez la cause.