‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 130 sur 218 · CÉCILE, MARIE · texte numérisé non relu

CÉCILE, MARIE

CÉCILE

Encore une démarche inutile !

MARIE

Peut-être; N'est-il pas chez hii?

CÉCILE

Non ; c'est qu'il n'y veut pas êti'e.

Déjà, depuis deux mois, pour le voir un moment, Combien de soins, d'efforts employés vainemcmt ! Pour toi, comme pour moi, sa porte est condamnée. Quelle humeur!... ou plutôt quelle haine obstinée!... Quoi ! cet homme qu'on dit brusque, emporté, mais bon. Peu content de m'oter et mes biens et mon nom, De méconnaître en moi la fille de son frère, Kefiise de me voir ! renvoie avec colère

33o L'AVOCAT,

Mes lettres sans les lire; et, lorsque je ne veux

Qu'assoupir des débats affligeants pour tous deux,

Il cherche cet e'clat qui fait toute ma crainte;

Il n'écoute pitié, ni prudence , ni plainte !

Le cruel ne sait pas que d'un mot, aujourd'hui,

( montrant une lettre pliée qu'elle tient à la main.)

Je pourrais le confondre et me venger de lui.

MA.RIE

Le confondre d'un mot! eh bien! dites-le vite.

CÉCILE

Non; lui seul doit l'entendre et toujours il m'évite.

MA.RIE

Mais quel est donc enfin ce mot mystérieux? Est-il dans cette lettre?...

(Cécile cache la lettre.)

Allons, soit... à mes yeux Dérobez-la toujours ! Mais si dans votre cause Elle a de l'importance, ainsi que je suppose, Car je l'ignore au fond, et c'est mal , entre nous, ci monsieur Robertot que ne la donnez-vous? Peste ! il la ferait bien valoir à l'audience.

CÉCILE

Ah ! si je n'écoutais que mon impatience

Et mon dépit... Mais non. N'avons-nous pas déjà

Gagné notre procès une fois sans cela?

MARIE

De quoi tremblez- vous donc?

CÉCILE

Quand je gagnai l'affaire

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