ACTE I, SCENE VI. 4i
Mais la gloire vous appelle.
Qu'à cela ne tienne... Nous pouvons rester ici quelque temps encor.^ , et je vais dire à mon ami que vous le priez...
De continuer sa route.
FÉDÉRIC
O ciel ! de...
I,E COMTE
Écoutez, monsieur Fédéric; vous m'avez l'air d'un galant homme , et je dois vous dire ma pensée tout entière. Je crois votre ami un chevalier noble, délicat, incapable de manquer aux lois de l'hospitalité; mais je crains que, sans le vouloir peut-être , il ne cherche à plaire à ma fille, qui , sans le vouloir aussi , pourrait bien le trouver ce qu'il est, c'est-à-dire fort aimable. Monsieur Fédéric, vous me plaisez beaucoup ; mais, je vous en conjure, épargnez-moi le chagrin de dire en face à votre ami... Imaginez un motif pressant; et demain, de bon matin... déjeunez avec nous; joignez à vos chevaux ceux des miens qui vous plairont le plus, et choisissez dans mes gens tous les guides qu'il vous faudra pour abréger et assurer votre route , au sortir de ce château.
FÉDÉRIC
Quoi! vous voulez que dès demain?... (à part.) Le roi va être au désespoir.
4iG LA REVANCHE,
Mettez-vous à ma place. Vous connaissez ma naissance, ma fortune. Le comte Sigismond, dont la famille a donné deux reines à la Pologne , peut-il unir sa fille à un inconnu?
Un inconnu ! mais... (à part.) Si nous pouvions gagner du temps par une demi-confidence!
Le chevalier Ramire! qui diable connaît cela! sans emploi...
FÉDÉRIC
Pardonnez-moi; mon ami ne laisse pas que d'occuper dans l'état certain poste... et si, connaissant votre antipathie pour la cour, il ne m'avait pas expressément défendu de vous dire...
Plaît-il?
FÉDÉRIC
Rien : mais mon ami n'est pas si inconnu que vous croyez; vous-même le connaissez... de nom du moins; et peut-être que l'époux que vous destinez à votre fille...
LE COMTE , à part.
Ah ! quel soupçon ! (haut.) Expliquez-vous.
FÉDÉRIC
Il est dans la vie des circonstances oîi, pour ne devoir qu'à son propre mérite l'attachement de ce qu'on aime, on prend un titre modeste, un nom sans éclat.