SCÈNE YIII
LE ROI, FÉDÉRIC
LE ROI
Le duc do Kalitz! mon gendre! ni'expliqueras-tii cette énigme?
FÉDÉRIC
Nous n'en avons pas le temps. Sacliez seulement qu'on nous congédiait; que, pour parer le coup, sans pourtant vous découvrir, j'ai supposé, ou plutôt laissé croire, que vous étiez un grand seigneur déguisé , un duc, enfin le duc de Kalitz; que, par malheur, ce duc est précisément l'époux que, sans le connaître, on destine à Éliska ; qu'il arrive dans huit jours pour la noce ; qu'on vous prend pour lui; qu'il faut ou partir sur-lechamp, ou vous découvrir, ou chercher à plaire sous son nom.
LE ROI
Le choix n'est pas douteux, mon ami; soyons le duc de Kalitz. C'est, par parenthèse, le meilleur et le plus aimable officier de mon armée. Ce n'est pas la première fois que nous nous serons trouvés en rivalité. Mais s'il s'avisait de venir avant huit jours! Lemberg, où il commande, n'est qu'à vingt milles de ce château.
FÉDÉRIC
Pour plus de sûreté, expédiez-lui, ainsi qu'au jeune comte Henry, un ordre d'y rester huit jours encore.
LE ROI
Excellente idée ! ils me sont utiles là, d'ailleurs, et me gêneraient fort ici. Prépare l'ordre; mais comment r enverrons-nous ?