ACTE ï, SCÈNE IX. 4a
Loin de moi l'idée de rechercher sa main sans être sûr de son cœur !
ÉLISKA
Il eût été plus simple et peut-être plus digne de vous, monsieur le duc, de ne pas vous présenter sous un nom supposé ; la franchise des nobles Polonais , permettez-moi de vous le dire, répugne à ces déguisements.
Ne vas-tu pas lui faire un crime de cet innocent artifice? Son nom et son rang n'étant pas connus, il a pu mieux juger de beaucoup de choses.
ÉLISKA
Etes-vous bien sûr, mon père, que nous n'y ayons rien perdu ?
LE ROI
Perdu! ah ! mademoiselle, vous ne pouviez tous deux qu'y gagner.
Nous donnerez-vous au moins des nouvelles de mon frère Henry?
LE ROI
De monsieur votre frère, mademoiselle?... il se porte à merveille.
ÉLISKA
Pourquoi donc n'cst-il pas venu avec vous? Je lui en veux beaucoup.
LE ROI
Sa présence est encore, pour quelques jours, uécts-
saire à son corps. D'ailleurs, je vous Tavoue, je ne l'ai point averti que je venais ici.
C'est tout simple; voulant nous surprendre et venir incognito... Çà, mon cher ami, venez que je vous fasse voir dans ma galerie quelque chose d'assez curieux ; l'arbre généalogique de la maison Lowinski. Je dis curieux; ce n'est pas, comme vous croyez bien, que je tienne le moins du monde à tous ces préjugés de naissance dont tant de petits esprits sont infatués; mais j'ai fait dessiner et encadrer cela d'une façon charmante , et il faut que vous le voyiez.
(Il donne la main à sa fille.) LE ROI.
Très volontiers.
FRANCESKA , arrêtant le roi tandis que les autres sortent.
Monsieur le duc! monsieur le duc!
Plaît-il?
FRANCESKA.
Etes-vons content de Didier9
LE ROI
De...
FRANCESKA.
De Didier, ce valet de chambre hongrois nouvellement entré à votre service?
LE ROI
\h\ oui... oui, Didier; je sais... très content.
(Il veut partir.)