ACTE m, SCENE VIII
LE DUC, de même.
C'est ce que nous allons voir.
ÉLISKAjàpan
Quelle gêne j'éprouve ! et que vais-je répondre au roi?
LE DUC
Eh bien ! mademoiselle , vous connaissez mes sentiments pour vous; puis-je espérer de les voir agréer?
^LISKA..
Ah! sire, épargnez-moi. Je sais trop ce que vous êtes et le peu que je suis.
LE DUC
Connaissez- vous mieux, mademoiselle; votre mérite et vos charmes surpassent tout ce que m'en avait appris la renommée. Personne n'a plus de droits que vous à la main du souverain de la Pologne; mais je voudrais, si ie suis assez heureux pour obtenir la préférence, que le titre de roi n'y entrât pour rien. Belle Éliska, je vous en supplie, ne faites aucune attention à mon rang; séparez ma personne de toutes mes dignités.
ÉLISKA
Mais cela est impossible.
LE DUC
Pardonnez-moi; vous est-il si difficile de ne voir en moi que moi-même, que l'amour que vous m'inspii'ez? Ah ! croyez que si j'avais le bonheur de vous plaire, je n'aurais rien à envier au plus grand roi.
472 lA REVANCHE,
LE COMTE , à part, se faisant violence.
Je ne dis rien; on me sera témoin que je ne dis rien,
ELISKA.
Sire...
LE DUC
Vous hésitez à me répondre, vous paraissez contrainte. Aimeriez-vous le duc?
Le duc!.., ( s'interrompant. ) Mais j'ai promis de ne pas parler.
ÉLISKA
Sire, monsieur le duc m'e'tait déjà connu avant que je le visse. Mon père m'avait fait mille fois son éloge. Quelques personnes aussi m'avaient prévenue de l'originalité de son caractère. ..
LE DUC
Oui?
ÉLISKA
De sa froideur, de son indifférence... et moi-même..,
LE DUC, l'interrompant vivement.
Lui , froid ! lui , indifférent ! le duc î Je vous le garantis, mademoiselle, l'homme le plus tendre et le plus amoureux... après moi, cependant.
ELISKA, avec joie.
Il se pourrait! Mais, sire , permettez-moi de vous le dire, vous êtes, vous et monsieur le duc, des rivaux un peu singuliers, et du reste fort généreux. Au moindre mal qu'on dit de l'un de vous devant l'aulic, chacun