SCÈNE XllT
CONSTANCE, VALSAIN.
VALSAIN.
Elorval n'est plus ici?
CONSTANCE, jouant l'air piqué.
Non.
VALSAIN.
Je vous crois à peine :
Quoi, madame! à ce point vous seriez inhumaine? Il est congédié ! d'un arrêt si cruel Vous reviendrez sans doute? il n'est pas sans appel
J'implore pour Florval un peu plus d'indulgence... Vous riez?
VALSAIN.
De quoi?
CONSTANCE
De votre complaisance.
VALSAIN.
Comment?
CONSTANCE
Qui vous a dit que je l'avais chassé?
VALSAIN.
Mais j'ai cru...
CONSTANCE
C'est à tort que vous l'avez pensé.
Moi chasser votre ami! m'en croyez- vous capable? Vous l'aimez... et d'ailleurs, moi, je le trouve aimable.
VALSAIN.
Oh! oh! votre courroux s'est bientôt apaisé?
CONSTANCE
Un coupable qui plaît est sitôt excusé!
VALSAIN.
Qui plaît?..
CONSTANCE
Eh! oui... quiplaît... plus qu'avant son voyage. Je l'ai trouvé changé... mais à son avantage; ]1 est fort bien.
SCKNE xiu. 8:7
VALSA.IJS'.
Tant pis.
CONSTANCE
Tant pis! plaisantez-vous^
VALSAIN.
(avec ironie.) Non: je dirais tant mieux s'il restait avec nous.
CONSTANCE
Quoi! s'en va-t-il?
VALSAIN.
Je crois qu'il ne tardera guère.
CONSTANCE
Oh! vous le retiendrez, monsieur! c'est votre affaire; Je m'en remets à vous; priez-le de rester, Je vous en supplie.
VALSAIN, à part.
Ouais!... (haut.) Je ne puis l'arrêter, Madame, il doit partir.
CONSTANCE
Eh bien ! je vais moi-même L'engager...
VALSAIN , clierchant à la retenir.
Vous allez?...
Aux vœux de ce qu'il aime, Sans se faire prier Florval obéira.
VALSAIN , demême-
Quoi! vous...
CONSTANCE
Je VOUS promets que Florval restera.
VALSAIN, de même.
Mais songez-vous...
CONSTANCE
Je songe à vous prouver mon zèle.
Pour garder près de nous un ami si fidèle, Reposez- vous sur moi.