ACTE I, SCÈNE I. i
Dont Boiiczi lui dut cncor la perte...
DUBOIS, riant.
Ah bon !
Je ne m'étonne plus de sou aversion Pour ce voisin !
JUSTINE
Voilà , mon cher , la seule cause Qui produisit en lui cette métamorphose : Sans Ricardo , son cœur ignorerait encor La haine , et tu serais charmé de lui.
DUBOIS
D'accord.
Mais qu'importe? il ne veut, dit-on, dans sa famille Que des négociants : et la main de sa fille Est promise d'ailleurs à monsieur Boldoni. Que doit faire Selmours?
JUSTINE
Il doit rester ici.
DUBOIS
Rester? pour assister aux noces de madame? Pour les célébrer même en un épithalame ?
JUSTINE , avec dédain.
Ah ! du phébus !
DUBOIS
Voilà , Justine , tu le vois , Cent raisons de partir qui n'ont que trop de poids. D'ailleurs...
JUSTINE
Tu n'es qu'un sot aussi bien que ton maître. M'aimes-tu ?
DUBOIS
Si je t'aime !
Eh bien ! fais-le paraître.
DUBOIS
Que faut- il?
JUSTINE
Employer , pour retenir Selmours , Toute ton éloquence et tous tes soins.
DUBOIS
J'y cours...
Tu verras... Mais c'est lui.
JUSTINE
Courage! je te laisse, Et vais, pour le servir, rejoindre ma maîtresse.