‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 51 sur 218 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

BON ÉZ I , entrant par la porte du dehors , JUSTINE. JUSTINE.

11 n'était pas chez lui ?

lîONlézi.

Non.

JUSTIIVE.

Ah!

BONÉZI.

Mais tout à l'heure Lui-même doit venir me trouver.

JUSTINE

Il demeure, Monsieur, si près d'ici, que, moi, je m'étonnais Que vous fussiez resté si long-temps.

Je causais Avec sa fille.

JUSTINE

Eh hien ?

LA DUPK DE S 01- M MME. i5«)

BONÉZI.

Tu ne saurais comproiulre Quels ont été sa joie et ses transports, d'apprendre Ij'objet de ma démarche.

JUSTINE

Oh ! si, je le conçoi.

BOJVÉZI.

Elle adore Selmours; mais sais-tu que, sans moi, Mancina douterait encor si Selmours l'aime ?

JUSTINE

Ah ! vraiment! il n'osait se le dire à lui-même; Il est si timide !

BONÉZI , haussant les épaules.

Oui , les amants sont si sots !

Il n'a, m'a-t-elle dit, parlé qu'à demi-mots; Il croyait qu'on devait expliquer son silence.

JUSTINE

Le silence, en amour, a bien son éloquence!

BONÉZI.

Aussi l'a-t-on compris ; et sans peine elle a cru Ce dont son cœur était à moitié' convaincu. Comme elle m'a prié de bien presser son père!... Je l'attends... Nous verrons s'il voudra...

JUSTINE

Je l'espère ; Moi, je vais rassurer Selmours.

BONÉZI.

Dis-lui qu'ici Je lui rendrai bientôt compte de tout ceci.

i6o LA DUPK DE SOI-MÊME,

JUSTINE , en sortant.

Il met dans vos bontés toute sa confiance.

KONÉZI, à part.

Qu'il s'en fie encor plus au soin de ma vengeance.

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