‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 76 sur 218 · SCÈNE YI · texte numérisé non relu

SCÈNE YI

LES PRÉcÉDKNTs, SELMOUUS, CAMILLA, JUSTINE et DUBOIS.

(Pendant qucBoaézi, sans voir sa fille qui est à droite, se tourne à gauclie pour prendre la main de Selmours, les deux amants se jettent à ses pieds on disant ensemble : )

SELMOURS el CAMILLA.

Vous nous pardonnez!

RICARDO , se tournant vers eux.

Non, Scélérate!... Que vois-ie!

ifjS LA DUPE DE SOI-^lÊME,

BOWEZI , reconnaissant sa fillc.

Ah! ciel! ma filkï!

(11 reste stupéfait.) RICARDO, riant aux éclats.

Bon!

Ah! ah! ah! «Si jamais, disiez- vous, je m'attire a Le même sort que vous, je vous permets d'eu rire. » J'use, vous le voyez, de la permission. Ah! ah!

(Il rit encore plus fort.)

SKLMOURS , à Ricardo.

Cessez, monsieur, ce ris hors de saison Qui redouble ma honte et rend moins excusables Les fautes dont l'amour nous a rendus coupables.

{à Bonézi.)

Monsieur, je ne veux rien devoir à votre erreur; Reprenez votre fille... elle eût fait mon bonheur! Mais c'est peu de l'aimer, et même de lui plaii^e ; Je ne veux la tenir que des mains de son père.

DUBOIS, à Bonézi.

Monsieur punirait-il ce qu'il nous conseilla ?

BONÉZI, à Dubois.

Coquin!

(à part, après une pause.) Mais je n'ai rien à répondre à cela ; Dans mes propres filets je me suis laisse prendi'e...

(à Selmours.) U faut s'exécuter... Embrassez-moi, mon giMidre.

ACTl': III, SCKNK VI. ,99

SELMOIFIIS el CAMILLA.

Quel l)oiilieur!

(Ricartlo rit encore aux celais.)

BONÉZI , en montrant Ricardo.

Eu dépit des rieurs, oui, j(3 croi Que nul n'est en ceci moins attrape que moi.

JUSTINE

C'est mon avis.

DUBOIS

Le mien.

RICARDO

Je vous en félicite.

Quant à moi, pour la peur, gt^ace au ciel, j'en suis quille. Vous allez pour la noce ordonner des festins? C'est le cas, ou jamais, de m'acheter mes vins.

BONÉZI , gaîment.

Noyons-y nos débats et vivons sans rancune ;

(montrant Selnours.)

Les Muses ont leur prix ainsi que la fortune.

(au public.)

Mais je n'oublierai pas la leçon d'aujourd'hui : Qui conseille le mal doit le craindre pour lui.

CAROLINE

ou

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