SCÈNE I. -25i
La fortune envers vous vainement a des torts ; Votre ame est une dot qui vaut tous nos trésors.
CAROLINE
Vous supposez , monsieur , la fortune fidèle : Mais que l'époux un jour ait à se plaindre d'elle ; Quels reproches!... j'en ai vu maint exemple.
DESROSNAIS.
Vous ?
CAROLINE
Dussé-je aussi jamais ne trouver un époux,
Je ne peux ni ne veux lui devoir ma richesse :
Je veux pouvoir l'aimer, sans vendre ma tendresse ;
Non pointpour ses bienfaits, mais par goût, mais par choix,
Et lui donner autant que de lui je reçois.
Vous me désolez... Quoi! si vous aimiez vous-même?...
CAROLINE
Non... je m'en défendrai... je suis libre... Si j'aime, Je veux un ami tendre et non un protecteur ; J'épouse mon égal , mais non mon bienfaiteur.
DESROSNAIS.
Pouvez-vous présumer?...
CAROLINE
J'entends quelqu'un , je pense.
DESROSNAIS , à part.
Je ne pourrai jamais vaincre sa résistance.
aôa CAROLINE,