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SCÈNE III

CAROLINE, DUBREUIL, DESROSINAIS.

DUBREUIL

Bonjour, ma chère enfant.

CAROLINE

Ah ! je vous attendais.

DESROSNAISjàpart.

Encor Dubreuil 1

DUBREUIL , à part.

Toujours ici ceDcsrosnais 1

s«:(:nf ht. 235

(haut.)

J'arrive tard? Mais quoi ! j'ai trouvé sur ma route Un merveilleux, un fat, qui ne sait rien, sans cloute, Et qui juge, proscrit, loue à tort à travers Les tableaux, la musique, et la prose et les vers. Il m'a de ses bons mots assommé plus d'une heure , Et suivi, malgré moi, jusqu'à notre demeure. Aussi, morbleu! je l'ai gourmande comme il faut.

DESROSNAIS.

Vous vous plaignez d'un fat? Plaignez-le bien plutôt : Doublement malheureux , dans le monde il éprouve Et l'ennui qu'il y porte et l'ennui qu'il y trouve.

DUBREUIL

Non , c'est une fureur qui se répand partout :

On n'invente plus rien, et l'on critique tout.

Ah! çà, ne perdons pas notre temps. Votre ouvrage

(regardant Desrosnais.)

N'est pas fini, sans doute? Un joli voisinage Donne lieu quelquefois à des distractions.

CAROLINE

Pardon.

DUBREUIL

Que je le voie , avant que nous allions Au Salon.

DESROSNAIS.

Au Salon ?

(à part.)

Eh quoi ! toujours ensemble !

a5C> CAIIOLIINE,

DUBREUIL

Cela doit être beau!

CAROLINE , lui montrant son dessin.

' Tenez, que vous en semble i*

DUBREUIL

Je l'avais pre'vu.

Quoi !

DUBREUIL

Mais cela ne vaut rien.

CAROLINE , montrant Desrosnais.

Monsieur n'en juge pas ainsi.

DUBREUIL

Je le crois bien ; Tout ce qui vient Je vous, il le Irouve admirable.

DESROSNAIS.

Vous l'avez dit, Monsieur; rien de plus véritable.

DUBREUIL , considérant le dessin.

Quels traits! quelle maigreur !... voyez un peu ce bras!.. Des oreilles, un nez, qui ne finissent pas! Enfermez-vous; sans quoi, toujours mauvais ouvrage

(à Desrosnais , avec malice.)

Vous, monsieur, pour quelqu'im qui peint le paysage Vous n'allez pas souvent à la campagne?

DESROSNAIS.

Ah ! bon !

Vous croyez?

DUBREUIL , tirant sa montre.

(Viel! midi!... courons vile au Saloti.

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