‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 98 sur 218 · CAROLINE, DUBREUIL · texte numérisé non relu

CAROLINE, DUBREUIL

CAROLIjNE.

Ah! c'est vous, mon ami?... je vais bien vous surprendre.

DUBREUIL

Quoi donc ?

CAROLINE

Persistez-vous maintenant à prétendre Que mon père avait tort de garder ce tableau ?

DUBREUIL

Mais à moins qu'il ne soit d'hier devenu beau.

CAROLINE

Combien l'estimez-vous? je trouve à m'en défaire.

DUBREUIL

Oui? donnez-le pour rien; c'est une bonne affaire.

CAROLINE

Oh! c'est y mettre aussi par trop d'entêtement! Et si je vous disais qu'on m'en offre , comptant, Yingt-quatre mille francs.

( Dubreuil rit aux éclats.)

C'est la vérité pure.

DUBREUIL

Ah! la plaisanterie est bonne, je vous jure!

CAROLINE

Je ne plaisante point.

a58 CAROLINE,

DUBREUIL

Vingt-quatre mille francs!. ..

Les avez- vous touchés?

CAROLINE

Pas encor ; mais j'attends.

DUBREUIL

Vous serez quelque temps , je crois , à les attendre.

CAROLINE

On doit les apporter bientôt , en venant prendre Ce tableau.

DUBREUIL

Quel est donc l'acquéreur fortuné Par un si beau chef-d'œuvre en ces lieux amené?

CAROLINE

11 n'a pas dit son nom.

DUBREUIL

Il a tort de le taire.

CAROLINE

Il s'y connaît; il est de l'avis de mon père. Il ne venait ici que pour l'appartement; Ce tableau l'a frappé.

DUBREUIL

Je le crois aisément.

Regardez. Il est vrai qu'on n'y trouve ni formes, Ni détails; qu'on n'y voit que des masses informes; Qu'il est sans coloris, sans dessin, sans effet; Du reste, j'en conviens, c'est un tableau parfait.

CAROLINE

Ce Ion railleur m'effraie, et je commence à craindre

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