Cf. p. 183-214 du t. I de ces Œuvres diverses. — G. M
b^ Un hijmne à Osiris, C'est la traduction par moi publiée en 1860, dans la Revue archéologique \ d*une inscription hiéroglyphique qui couvre une magnifique stèle appartenant à la Bibliothèque impériale.
6^ Une prière à Thoih, Les pièces indiquées sous les n^ 3, 4, 5, 6, 7, 8 appartiennent à la grande époque pharaonique dite des Ramessides (de dix à treize siècles avant notre ère).
7^ Une suite d'hymnes à divers dieux et d'invocations mystiques. Cette collection provient d'un beau papyrus appartenant à M. Harris, d'Alexandrie, et publié par moi en 1860, sous le titre de Papyrus magique. Il contient, en effet, une foule de formules destinées à préserver l'homme de toutes les atteintes des animaux nuisibles et à assurer sa sécurité à la campagne, sur l'eau, etc.
8° Deux adjurations magiques à Set. Elles proviennent de deux rouleaux de papyrus appartenant au Musée égyptien du Louvre, qui ont servi de talismans contre les animaux dangereux. D'après leur type graphique on ne peut les faire remonter au delà de l'époque des Lagides; ils ne sont conséqucmment pas antérieurs au troisième siècle avant notre ère.
9^ Formules magiques qui ont été employées à la préservation des morts dans leur vie d'outre tombe. Elles font partie du texte d'une stèle appartenant au Musée Britannique et publiée dans la collection Sharpe. Ce monument date de la basse époque*.
Ces spécimens de la poésie sacrée, quoiqu'ils ne soient pas les plus importants du genre, donneront cependant une juste idée de cette branche de la poésie lyrique égyptienne.
On s'étonnera peut-être d'y rencontrer des images vulgaires et mesquines associées aux plus hautes et aux plus poétiques conceptions. Celte singularité nous oblige à dire quelques mots de la mythologie égyptienne.
L'édifice si vaste et si compliqué de la doctrine sacrée a pour base fondamentale l'idée simple et grandiose de l'unité de Dieu, d'une puissance unique, incréée, éternelle, ne relevant que d'ellemême. Mais, bien qu'éternelle, cette puissance n'a pas été éternellement agissante ; elle était primordialement à l'état de membres divins, les éléments de la personnalité divine se trouvaient ré-
1. Cf. p. 95-139 du t. I de ces Œucres diverses, — 2. Ibid,, p. 91-93.
pandus dans l'infini qu'ils remplissaient, et avec lequel ils se confondaient. Alors, disent les textes, le ciel n'existait pas, la terre n'était pas, l'eau ne coulait pas.
A l'heure fixée par elle-même, la puissance divine donna une organisation à ses membres, forma son corps et occupa une place ; elle devint alors un dieu créateur n'ayant pas eu de père, engendré qu'il était de son acte propre; n'ayant pas eu de mère, car il s'était enfanté de sa propre conjonction avec lui-même.
L'organisation de la personne divine correspondit à l'organisation de l'univers. Dieu retira la terre de l'abîme des eaux célestes, à la pointe de ses bras, et l'étendit sous le ciel qu'il souleva, en divisant l'abîme des eaux, que la voûte céleste retint dans les régions élevées*. A ce dieu est attribuée la création de tout ce qui existe.
Dans cette doctrine panthéistique, le dieu reçoit habituellement le nom de Ptah* : c'est le dieu présent et patent dans la nature; c'est l'univers dans toutes ses évolutions, et, sous l'une de ses formes divisées, c'est la terre elle-même, To-nen, le monde des humains.
Les Égyptiens, comme beaucoup d'autres nations, éprouvèrent de bonne heure le besoin de rapprocher de l'humanité ce principe éternel et immuable, trop inaccessible dans sa majesté, trop loin de l'homme dans sa fonction cosmogonique; ils divinisèrent tous les attributs divins et subdivisèrent à l'infini ces attributs euxmêmes; Ptah, créateur de la lumière, devint Râ, le dieu soleil; à côté de Râ, Tum personnifia le soleil à son coucher; Osiris, le soleil perdu dans les ombres de l'occident; Shou, la lumière solaire; Khper, la lumière considérée comme puissance créatrice; Horus, fils d'Osiris, remplaça son père et guida à son tour l'astre solaire, et ainsi de suite. Chacun de ces personnages divins fut associé à une déesse, dont les attributions étaient à peu près les mêmes.
Ce morcellement de la divinité n'eut pour ainsi dire pas de limites. Ainsi se forma une immense chaîne de types divins
1 . Dans la Genèse de Moïse, Jéhovah sépare les eaux supérieures des eaux inférieures en créant le firmament.