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CONCLUSIONS

Nous arrêtons ici le compte rendu de nos observations (»l de nos études, et nous laissons à chacun le soin de tirer (le notre exposition des faits les conséquences qui doivent en découler.

Nos conclusions, à nous, sont (jue :

1® Les lames de Voigu ne proviennent pas d'une station habitée, mais d'un dépôt, d'une Ciichette faite par le pro-

1. l)c« bandes plates de la même roche se rencontrent quelquefois danH les ruinos dos villas romaines de nos localités comme filets d'encadrement. Il a étë trouvé aussi près de Volgu un grès allongé, à quatre faces semblables, dont chacune a servi do polissoir ou d'aiguisoir, et un caillou lamellaire qui ressemblerait à un casse-tête, mais qui est plus probablement un simple accident. Ce dernier objet était à 1 mètre de profondeur, et le polissoir à 2 mètres.

A VOLGU, PRÈS DÎGOIN 43l

priétaire de ces précieuses armes en vue d'assurer leur conservation pendant une absence momentanée ou pour tout autre motif. Celui qui les avait cachées s'est trouvé dans l'impossibilité de les reprendre, et le paquet est parvenu jusqu'à nous dans l'état où il avait été primitivement déposé :

2^ Ce dépôt a dû être fait à une faible profondeur ; car, quel que soit le temps qui s'est écoulé, qu'il soit de 3,000 ans, ce qui est un minimum, ou qu'il soit plus ancien encore, le terrain, qui est situé au pied d'une décli\ité, a dû être exhaussé par les apports des parties supérieures du coteau ;

3** Le silex employé pour la fabric;ition des lames de Volgu n'est pas celui de la localité même, mais plus probablement cchii du Grand-Pressigny, quoiqu'il y ait réserves à faire relativement au silex des carrières du Maçonnais. Dans tous les cas, il n'y a pas lieu de songer à des silex étrangers au territoire de la Gaule ;

4" Les lames de Volgu ont été taillées par d'habiles ouvriers habitués à la fabrication des lames de Solutré ; elles ne sont nullement r(ï3uvre d'ouvriers du Danemark, ni de toute autre origine lointaine ;

5" Le lieu de la découverte est rapproché du point de jonction des vallées de la Bourbince, de l'Arroux et de la Loire. C'était un centre très important, même aux plus anciennes époques. On y trouve des témoignages de la présence de l'homme depuis l'époque du renne. 11 offre conséquemment à l'archéologue un champ d'exploration des plus intéressants, qui sera désormais célèbre comme ayant fourni la plus belle collection de grandes armes de silex connue jusqu'à ce jour.

Je m'abstiendrai de discuter la question si ardue de 1 âge probable des silex de Volgu. La découverte de ces belles lames ne fournit, ainsi que j'en ai déjà fait la remarque, aucune indication chronologique tant soit peu précise. A

en juger d'après leur identité avec celles de Solutré, on est autorisé à conclure que ces magnifiques instruments remontent à Tépoque du renne et du mammouth. Lii hachette lancéolée (pi. IV, n** 2), la pointe (pi. IV, n** 6) et le grattoir double (pi. III, en B) semblent aussi dater de la même époque*. Maïs les circonstances de la trouvaille ne permettent pas de songer, comme on l'a fait pour Solutré, à des centaines de siècles*. Il est toutefois difficile d'admettre qu'à l'époque où les métaux devinrent d'usage commun, on ait encore pris la peine de tailler des armes de silex aussi soignées que celles de Volgu. Les outils de pierre polie et les éclats de silex à peine dégrossis sont restés au contraire d'un emploi vulgaire jusqu'au commencement de notre ère, alors que les métaux étaient connus dans l'Europe méridionale depuis au moins quinze siècles'. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'on ne heurterait aucune vraisemblance en faisant remonter la fabrication des lames de Volgu dans le deuxième millénaire avant notre ère. L'habitat de l'éléphant était alors fort différent de ce qu'il est aujourd'hui*. Le renne devait être exactement dans le même cas.

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