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INDIQUÉS

Au point  : lendroit où ont été faites la découverte des lames de silex et celle de poteries au tour, et d*une meule romaine ;

Au point B : la taillerie ou station de Neuzy, où abondent les silex taillés ;

Au point C : le lieu d*où ont été retirés des fragments de tuiles et de vases romains, avec ornements en fort relief. Ces objets étaient à la profondeur de trois mètres.

La coupe en travers des fouilles de la rigole, à Tendroit de la trouvaille du paquet de silex.

Une meule romaine incomplète, trouvée à la même profondeur que les silext à trois mètres environ de distance.

PI. II. — N^'* 1, 2 et 7. Trois des lames de silex de Volgu.

PI. III. — N*» 3, 6, 10 et 11. Quatre des lames de silex de

VOLGU.

En A. Tête de lance de Solutré.

Kn B. Grattoir double de Neuzy.

PI. IV. — N» 1. Grand outil, de silex de même nature que

celui des lames de Volgu, provenant de la

Saône.

N^ 2. Hachette lancéolée, taillée des deux côtés. N<> 3. Grattoir simple.

No 4. Couteau avec prolongement pour eininan-

chement.

N^ 5. Couteau à plusieurs tailles, transparent,

avec taches noires.

No 6. Pointe forti:; le bouton de percussion en

a été enlevé pour faciliter remmanchement.

A VOLGU, PRÈS DIGOIN 439

Les n^ ^2 à 6 sont en silex, et proviennent de la taillerie de Neuzy ; ils sont figurés de la grandeur des originaux.

PI. IV. — No 7. Pointe de forme semblable au n° 6, provenant de Charbonnières.

No 8. Lame d'os emmanchée, provenant des pala- (ittes de la Suisse, et montrant le système probable d'emmanchement des lames de silex de Volgu.

No 9. Gros instrument de silex, analogue à celui des lames de Volgu, trouvé près d'Autun.

No* 10 et 11. Deux fragments de poterie romaine, trouvés avec la meule figurée pi. L

AU

On vient de placer au Musée de la ville de Chalon, dans une vitrine spéciale, onze lances de silex blond, de dimensions remarquables. C'est tout ce que la direction du Musée a pu se procurer d'un ensemble de quatorze lames, rencontré à Volgu, près Digoin, par la pioche d'un terrassier*. L'outil de l'ouvrier paraît avoir frappé du côté où étaient rassemblées les lames les plus longues; il a réduit en fragments les trois premières, dont les éclats sont aujourd'hui dispersés en diverses mains. Des onze qui nous sont restées, la plus grande a été brisée par le même choc, à la longueur de 29 centimètres ; elle devait avoir au moins 35 centimètres

1. Imprimé d'abord dans le Courrier de Saône-ei-Loire, et pablié aussitôt après en brochure séparée sous le titre : Les Silex de Volgu au Musée de Chalon-sur-Saône, par F. Chabas (Extrait du Courrier de Saône-et-Loire)j petit în-8", 1874, Chalon-sur-Saône, imprimerie Sordet- Montalan, 19 p. — G. M.

2. La relation de la trouvaille et la description raisonnée des silex font Tobjet d'un mémoire de l'auteur du présent article, publié par la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône. On peut se procurer ce mémoire au Musée, où des exemplaires en sont déposés. Il contient les héliogravures de sept des silex en grandeur naturelle. [C'est le mémoire publié immédiatement avant celui-ci, t. IV, p. 409-439, de ces Œuvres diverses.]

dans son état d'intégrité. Parmi celles qui sont intactes, il en est une de 344 millimètres. La plus courte a 232 millimètres.

On connaissait déjà quelques outils de silex éclaté, de dimensions aussi grandes, mais de formes assez différentes. I.CS belles lances de la Scandinavie, par exemple, sont moins larges, plus épaisses, plus renflées vers le milieu, et généralement pourvues à Tune de leurs extrémités d'un appendice destiné à l'emmanchement. Celles de Volgu. dont la plus épaisse ne dépasse pas 9 millimètres, tandis que la plus mince n'a que G millimètres, sont taillées avec le même soin à leurs deux extrémités. Comme, à raison de leur extrême ténuité, elles étaient exposées à se briser facilement, on avait prévu ce c^s, et l'on s'était ménagé la facilité de les retourner. Les pointes sont d'une extrême acuité, et la taille des bords est calculée de manière à former un tranchant acéré, dont la blessure devait être fort dangereuse. On remarque sur la plupart de ces silex des tailles longitudinales faites après coup pour diminuer vers le centre l'épaisseur restée trop forte après les enlevages latéraux. Que d essais infructueux n a-t-on pas dû faire, combien de silex n'a-t-on pas dû briser pour réunir un aussi grand nombre d'instruments de cette délicatesse et de cette perfection !

Aussi, les silex de Volgu, qui sont aujourd'hui le trésor le {)lus précieux de notre Musée, ont-ils excité une attention justement méritée. Les musées des principales villes de France et de l'étranger ont tenu à honneur de posséder la série des beaux moulages que l'intelligente direction de nos musées a fait confectionner par un artiste spécial dans le but d(î remplacer dignement les originaux et d'en rendre partout rétudc facile'.

1. Ces inoulaii^'s sont vendus par les soins de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saùne, qui en a fait les frais.

AU MUSÉE DE CIIALON-SUH-SAÔNE 443

Les quatorze silex de Volgu formaient, lorsqu'on les a découverts, un paquet serré; peut-être avait-il été dans Torigine attaché au moyen de fibres animales ou de liens végétaux, que le temps a détruits; Tadhérence des lames avait été maintenue par les infiltrations argileuses du terrain ambiant. C'était évidemment un approvisionnement d'armes de choix, que son propriétaire avait cachées, pensant les retrouver plus tard. Toutes les lames sont intactes de tranchants et de pointes ; elles n'ont jamais fait aucun service.

Le paquet a été trouvé à la profondeur de un mètre audessous du sol, sur la déclivité de la colline dans laquelle est creusée la tranchée de Volgu.

Dans la même vitrine du Musée, sont déposés divers objets dont les curieux ne s'expliqueront peut-être pas le genre d'intérêt. En eux-mêmes, ces objets n'ont en effet qu'une valeur très mince; mais ils se rattachent de plus ou moins près à la découverte des silex de Volgu et peuvent servir k la faire apprécier sous divers points de vue archéologiques. Il y a d abord une moitié de meule romaine en lave de Volvic et quelques fragments de poterie et de tuiles qui sont aussi de l'époque romaine. Ces débris ont été trouvés en même temps que les silex, à la même profondeur, et à une distance d'environ 2™ 50; on a encore recueilli, dans les mêmes circonstances, le morceau de schiste ayant un côté poli, qui est placé à côté de la meule. Une fouille, commencée sur ce point par les soins de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon, n'a servi qu'à démontrer qu'il n'a jamais existé là une station, ni même un foyer. On a seulement retiré des terres remuées à cette occasion, un fragment de silex grossier, à pointe de flèche, qui paraît être un simple éclat naturel.

La vallée de l'Arroux, qui suit la rigole entre Digoin et Gueugnon, est riche en restes antiques de presque toutes les époques. La direction des musées a réuni sur les étagères

inférieures de la vitrine de Voigu tous les objets que les fouilles ont mis au jour. En voici Ténumération sommaire :

Une jolie lampe de bronze ;

Un petit vase de terre jaune à couverte d'un rouge assez vif;

Un vase un peu plus grand en terre jaune grossière ;

Un autre vase de même terre, dont la partie supérieure est brisée;

Deux fragments de belle poterie, avec ornements riches en fort relief;

Quinze médailles du haut empire en bronze, très frustes, parmi lesquelles on reconnaît facilement un Antonin ;

Une assise de colonne d'hypocauste en terre cuite ;

Un hachon en fer;

Un instrument recourbé, espèce de pioche ou de croc, aussi en fer.

Ces objets ont tous été trouvés à des profondeurs plus grandes que les lances de Volgu. Cette circonstance démontre que la profondeur à laquelle sont enfouis dans le sol les débris du passé n'est pas une mesure certaine de leur degré d'antiquité.

Sur Tun des rayons de la vitrine est déposée une série de petits silex taillés, parmi lesquels on remarque un joli grattoir et quelques couteaux à plusieurs tailles. Ils proviennent du champ de Neuzy, qui n'est éloigné du point où était le paquet des lances do Volgu que de deux ou trois kilomètres. Il y avait sur ce point une taillerie assez considérable de silex, qui a enrichi plusieurs collections particulières. On y a trouvé une hachette du type de Saint-Acheul, des pointes et couteaux du type de Charbonnières, et de petits silex qu'on est dans l'usage de rapporter à l'époque où dominait l'usage de la pierre polie. Tous ces petits monuments apparaissaient à la surface du sol, où ils sont ramenés annuellement par les travaux de la culture, et où ils se trouvent mêlés à des fragments de poterie romaine très reconnais-

sables. Mais aucun des objets trouvés à Neuzy ne peut faire penser que les belles armes de Voigu proviennent de cette taillerie. La direction des musées a tenu cependant à rapprocher de ces lames exceptionnelles les produits de Tatelier le plus voisin du lieu de la trouvaille. On y remarquera la grande variété de qualités et de nuances des silex qui y étaient employés, depuis le quartz blanc jusqu'au quartz agate. Les deux plus grands couteaux sont en silex de la localité \ Deux autres couteaux, marqués A, sont absolument de la même nature de silex que les lances de Volgu. De deux pointes de pique, marquées B, Tune a été recueillie à Charbonnières, l'autre à Neuzy^ par l'auteur du présent article. Ces deux petites armes sont absolument semblables de taille et de forme. Sur l'une et l'autre le bouton de percussion a été enlevé pour rendre l'emmanchement plus solide.

Peu d'années se sont écoulées depuis que les silex taillés, qu'on trouve partout en si grande abondance, ont frappé l'attention du public en général. Malgré les observations de quelques savants, qui ne s'y étaient pas trompés dès le siècle dernier, ces petits monuments n'avaient pas même tenté les collectionneurs. Il a fallu toute l'ardeur des discussions soulevées par les découvertes de M. Boucher de Perthes pour mettre à la mode ce genre de recherches. Ce fut, en effet, un événement scientifique très considérable que la constatation du fait que les haches et les autres outils de pierre qu'on trouve dans le diluvium de la Somme sont l'œuvre de l'homme ; ce point scientifique acquis démontre incontestablement que l'homme a existé au temps du mammouth, du grand ours et du renne, c'est-à-dire tout au début de la période géologique actuelle. Cette notion a été

1. Pour favoriser les comparaisons, des silex bnits de la localité ont été placés dans la ^'itrine. On les exploite à Volga pour Tempierrement des routes.

vivement contestée; on a nié les silex, et on a voulu les considérer comme des débris de tailleries de pierres à fusil. Ces objections, qui n'étaient pas bien sérieuses et dont on ne pourrait pas s'empêcher de rire en examinant les silex de Volgu, sont désormais détruites. Tout observateur de bonne foi est tenu d'accepter les démonstrations convaincantes qui ont été données sur ce point.

D'un autre côté, ces constatations inattendues ont été saisies avec un empressement non moins aveugle par les adeptes du matérialisme ; cette école a voulu trouver là des monuments du travail de son homme primitif, à peine dépouillé de sa bestialité originelle. A cette école il faut des millions d'années d'évolutions de la matière pour remplacer l'œuvre du Créateur dont elle nie l'existence. Aussi s'en est-elle donné à cœur joie, et ses théoriciens ont pu revendiquer pour le singe parvenu à l'état de bipède une antiquité qui se compterait par milliers de siècles. Les outils de pierre taillée à éclats seraient Tœuvre de cette époque reculée d'une barbarie qui aurait duré de longs siècles avant de progresser jusqu'au polissage de la pierre, et de bien longs siècles encore avant de connaître le bronze.

Les curieux qui découvrirent des stations ou des grottes et les collectionneurs qui, le plus souvent, fouillent partout sans grand discernement, acceptèrent avec joie ce baptême de prodigieuse antiquité qui décuplait l'intérêt apparent de leurs trouvailles, et la plupart d'entre eux devinrent les disciples ou du moins les soutiens inconscients des idées nouvelles.

Les œuvres de l'homme primitif étaient donc trouvées, grossières, incultes et bien dignes, croyait-on alors, d'un quasi-singe. Il ne s'agissait plus que de découvrir quelques restes de cet animal presque humain, et cette découverte était chose si probable qu'on la promit à courte échéance.

Mais, au lieu de rencontrer ces preuves espérées de notre animalité, on fut obligé de reconnaître que la prétendue

barbarie des œuvres de l'homme quaternaire était de pure imagination. En étudiant et en comparant les armes et les outils de pierre et d'os trouvés dans les stations des plus anciennes époques, on dut se rendre à l'évidence. A côté d'instruments grossiers et à peine dégrossis, tels qu'on en rencontre dans tous les dépôts, on trouve, associés aux restes du renne, du mammouth et de l'ours, des silex taillés avec beaucoup d'art, des ornements, des os polis et appropriés à divers usages et notamment à la couture. Nos premiers ancêtres s'habillaient et se paraient. Il y a mieux : ils étaient artistes et nous ont transmis, gravées sur os avec fidélité, des figures du mammouth et du renne, qui leur fournissaient de la nourriture et des peaux. Du reste le squelette de l'homme quaternaire n'avait pas fait défaut non plus à l'appel de la science; mais, au lieu d'un être bestial, il nous a montré l'organisation d'un homme qui ne s'écarte pas des types vivant actuellement sur la terre.

Une exposition plus détaillée des faits scientifiques relatifs à cette importante question ne saurait trouver place dans les limites de la présente notice. Les faits peuvent du reste être résumés en deux points essentiels et fondamentaux :

V Les partisans du matérialisme n'ont pu signaler nulle part un ensemble de restes du travail humain dénotant un état de civilisation inférieur à celui des populations actuelles de certaines parties de l'Australie ;

2^ Ils n'ont trouvé non plus aucun débris du singe de transition, ni d'une race d'hommes inférieure aux races qui existent encore de nos jours.

Nous demandons pardon à nos lecteurs pour cette digression philosophique. Elle n'est point étrangère à notre sujet, car les beaux silex de Volgu sont certainement l'œuvre des artistes de Solutré. Tout le monde a entendu parler des belles lames minces de silex de cette localité célèbre du Maçonnais. Ces lames sont absolument sem-

blables pour la forme et pour le taillage à celles de Volgu. L'identité est certaine; si elle ne frappe pas l'observateur au premier coup d'œil, c'est que les silex de Solutréont tous perdu leur couleur et leur transparence originelles ; ils sont devenus opaques et blancs, ce qui les fait paraître moins finement travaillés. Mais une comparaison attentive montre que la ressemblance est complète. Solutré n'a pas fourni de lances tout à fait aussi longues que celles de Volgu, mais cette station bouleversée n'a pas encore dit son dernier mot. Au surplus on y a trouvé la moitié d'une lame qui avait dans son état d'intégrité trente centimètres de longueur. Volgu ne nous en a fourni que deux de longueur un peu supérieure.

Or, l'homme de Solutré vivait avec le mammouth, le renne et le grand ours, etc. ; et il s'agit bien de l'homme qui s'armait pour la chasse des belles lances de silex que nous avons décrites, puisqu'on l'a trouvé ime fois dans sa tombe, ayant sous sa main droite deux de ces pointes de lance et un grand nombre de flèches, aussi en silex. Dans la terre, qui lui servait de couche funèbre abondaient les os de rennes. Celui-là était un habile chasseur, il avait entouré sa sépulture des restes d'un grand nombre des victimes de son adresse : rennes, éléphants, ours, loups, renards, hyènes, etc.

Ce Nemrod, s'il n'était point artiste lui-même, était du moins amateur des objets d'art ; on avait inhumé avec lui deux figures de renne sculptées sur pierre, qui plaident bien éloquemment contre l'hypothèse de la barbarie contemporaine.

Ainsi donc les silex de Volgu appartiennent à une époque où l'éléphant, le renne et le grand ours vivaient dans nos localités. En considérant les circonstances dans lesquelles se trouvent, à la station de Solutré, les restes archéologiques, on répugne naturellement à l'idée de penser que la population qui les a abandonnés sur le sol remonte à une antiquité

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bien considérable. Mais les silex de Volgu, ce chef-d'œuvre de Tart solutréen, apportent dans la question un élément d'appréciation bien plus significatif. Pour les supposer de vingt siècles plus anciens que les débris romains qui les avoisinaient, nous sommes obligés de recourir à des hypothèses hasardeuses, car ils sont à l'état de neuf, et nous sont apparus tels qu'ils étaient avant d'avoir servi . Quel esprit raisonnable admettrait des centaines de mille années ou même seulement dix mille ans ?

Aux hardies théories professées par les diverses sectes de l'athéisme, il faut répondre avec les armes de la science. Peut-être les défenseurs naturels de la morale et de la religion ont-ils eu le tort de laisser le champ trop libre à leurs adversaires. Il ne faut plus compter sur les décrets de la Congrégation de l'Index; ils ne servent qu'à revêtir les mauvais livres de l'attrait du fruit défendu. A la jeunesse ardente qui s'enivre des principes d'une liberté sans limites, et chez laquelle on éteint les mouvements de la conscience et le sentiment de la responsabilité de l'homme, il est grand temps de montrer le vide et l'inconsistance du culte de la matière. Ce n'est point une tâche bien difficile, car on est en droit de demander aux novateurs, non des hypothèses entées sur d'autres hypothèses, mais des preuves claires, précises et concordantes, et, s'il leur arrive d'avouer qu'ils ne comprennent rien aux causes premières, et de mettre leur ignorance sur le compte de la limitation de l'entendement humain, il n'y a pour eux comme pour nous qu'une conclusion à tirer, c'est qu'il existe un Créateur et que ce Créateur n'a donné à personne le droit de l'interroger.

Pour nous, Dieu a créé l'homme; pour les Darwiniens, l'homme descend en droite ligne d'un grumeau de substance carbonée albuminolde ; cependant ils n'ont pas encore réussi à provoquer la production spontanée de l'organisme le plus simple que Timagination puisse concevoir. A la vérité, avec des pigeons et en mettant à profit toutes les ressources

BiRL. éOYPT., T. XII. ^J

de la sélection et de Tadaptation, ils ont réussi à faire... d'autres pigeons ! Franchement ce n'est pas assez pour détrôner Dieu.

Les restes de l'éléphant, du renne et des autres animaux de la faune pléistocène sont abondants en France, et surtout dans Saône-et-Loire. Comment et à quelle époque cette faune s'est-elle modifiée pour faire place à celle de nos jours? Voilà la grosse question au regard de la durée de l'âge quaternaire. Bien des motifs se réunissent pour donner à penser que cette modification est bien moins ancienne qu'on ne l'a prétendu. C'est un point que nous nous abstiendrons de débattre ici.

Mais, puisque nous sommes au Musée de Chalou, nous inviterons nos lecteurs à tourner un moment le dos à la splendide vitrine de Volgu ; ils auront sous les yeux une notable partie du produit des fouilles de la caverne de Germolles, et pourront voir les restes des mammouths, des rhinocéros, des rennes, des ours, des tigres, etc., etc., dont se nourissaient les habitants du trou de la Verpillière. Une belle collection d'armes de silex, de poinçons et de lissoirs d'os donne une idée de l'adresse de cette antique tribu. Un os poli, provenant de l'oreille d'un bœuf, a servi de pendant d'oreilles à une beauté de l'époque.

Adossée à la vitrine de Germolles, se trouve celle de Santenay dans laquelle sont réunis les os et les dents fossiles d'une faune enfuie dans les sablières du haut de la montagne. Qu'on jette ensuite les yeux sur les magnifiques moulages de dents et d'os d'éléphants, de mastodontes, de dinothérium, d'ours, de tigres, etc., etc.'. entassés dans le meuble le plus rapproché du vitrage extérieur, et qu'on se rappelle que tous ces monstres vivaient, en se dévorant les

1 . On examinera surtout avec intérêt deux têtes restaurées, Tune du granil félin, l'autre de Vours des cacernes, animaux de taille bien supérieure à celle de leurs congénères actuels.

uns les autres, sur nos montagnes et dans notre vallée de la Saône ; on se fera alors une idée de l'état ancien de nos localités aujourd'hui si paisibles, et Ton concevra mieux le grand intérêt que présentent les collections réunies dans le Musée de notre ville.

Nous parlerons une autre fois des fossiles et de la collection géologique.

Chalon-sur-Saône, 16 décembre 1874.

Planche III

CD

Bibliothèque Esypto logique, t. XII.

SILEX DE VOLGtr

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