AUX TROIS COUSINES
A Daraïde et Fortanie,
Et la gentille Lacénie,
Les plus dignes sujels de vers
Qui soient en tout le Pré-aux-Clercs.
Vos lettres, dit-on, sont si belles.
Mes trois aimables demoiselles, Qu'à peine on pourroit concevoir Le désir que j'ai d'en avoir ;
1S8 roÉsiFs
Sans ma jambe presque rompue, Qui me fait marcher eu torlue El m'eoipêolie bien de courir, Je crois que j'en irois quérir.
Aussi J)ien u'eus-je de ma vie De vous voir une telle envie :
Mais quand je dcvrois enrager, Mon pied ne veut poiut voyager.
Maudit pied, qui veut qu'en ma chambre. J'attende le mois de septembre !
Ce qui me l'ait plus de dépit, C'est que tout le moude en médit :
Car quand on voit que je boiline, Aussitôt on méfait la mine :
Ils disent, ces malins Rémois, Que je suis sans doute un matois, Et que mon mal, quai que je die, Est plus haut que je ne public.
Mais le Ciel sait qu'il n'en est rien , Et que je suis homme de bien :
Et force m'est-il bien de l'être.
Ou pour le moins de le paroilre :
Car les époux de ces quartiers, Ne nous voyent pas volontiers ; Je dis nous, tous gens de mahues :
Et les femmes sont si peu fines, Que seulement pour les toucher, On est un an à les prêcher.
DE MALCUOIX. 189
Pour moi, je ne puis tant attendre :
Passe pour un peu se défendre.
Au commun jugement de tous, La peine rend le bien plus doux ; Mais, à cause que l'on est beile, Tenir autant que la Rochelle !
Je laisse pour d'autres guerriers La con(|uctede ces laïu'iers; ■le cherche une victoire aisée, Encore qu'elle soit moins prisée.
Les belles, voila mon portrait, ht comme le compère est fait ; Faites là-dessus votre compte, Alin que si je vous en conte.
Sans façon et sans compliment Nous traitions familièrement.
Je ne force pourtant personne, Si ne voulez, la ville est bonne :
J'espère du moins qu'en tous cas C.loris ne me manquera pas.