‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 188 sur 204 · A PHILIS · texte numérisé non relu

A PHILIS

11 le faut avouer, votre vertu sévère Vous met hors de soupgon.

Mais, Pliilis, toutefois en baisant votre frère, Vous baisez un garçon.

Voire frère eutdii ciel des attraits en partage

Qu'on ne peut mépriser ; Mais plus il a d'appas, moins, si vous êtes sage.

Vous le devez baiser.

Ne perdez pas pour lui le titre d'inhumaine :

Songez à ce qu'il vaut.

Étant beau comme il est, vous ne pouvez sans peine

Le baiser comme il faut.

Quand je vois dans ses bras qu'il vous tient enlacée

Avec tant de douceur, .l'ai peur qu'en ce moment vous perdiez la pensée

Que vous êtes sa sœur.

Cette fille jadis de qui le mont Chimère

A vu le changement, Pensoit, ainsi que vous, ne baiser que son frère,

Et baisoit son amant.

Elle ignora longtemps ses feux illégitimes,

Feux dignes du trépas, Et connut, mais trop tard, qu'elleavoit fait des crimes

Qu'elle ne croyoit pas.

Que si pour votre sang vous êtes animée

De mouvements si doux.

Embrassez voire sœur; nature l'a formée

De même sang que vous.

Vous qu'ici bas le ciel fit naître sans seconde,

Adorable Philis, Prenez donc garde à vous et songez que le monde

A trop d'une Biblis'.

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