SCÈNE III
L'EMPEREUR , PLAUTILLE.
l'empereur.
Voyez cet emporté, je crois qu'il vous menace! A-l-on jamais parlé d'une pareille audace? Ma fille, je vous plains d'avoir un tel époux, Et ses emporteniens me touchent plus que vous, Car vous n'ignorez pas combien vous m'êtes chère, Et que je sens pour vous une amitié de père.
PLAUTILLE.
Seigneur, votre boulé console mon ennui, Elle est mon seul recours et mon unique appui ; Pour le prince, il est vrai que je m'étois flattée De l'agréable espoir d'en être mieux traitée ; Quoi qu'il fasse pourtant, conjurât-il ma mort, Puisqu'il est mon époux, il ne peut avoir tort.
pièces attiububes a maucuoix. 267 l'empereur.
Ma fille, en ce discours, vous paraissez si sage,
Que je vous estime encore davantage ;
Plût aux Dieux que mon fds, en tous ses mouvemens
Montrât pour son devoir de p^eils sentimens :
Et j'ai pitié de Rome, enfin je le confesse,
Quand je vois l'héritier qu'il faudra que je laisse ;
Mais la bonté du ciel fera tout pour le mieux.
Nos biens comme nos maux sont en la main des dieux.