‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 42 sur 204 · SA. VIE ET SES OUVRAGES. CI · texte numérisé non relu

SA. VIE ET SES OUVRAGES. CI

quelque temps sa pensionnaire, la supplia trèshumblement de faire en sorte que le roi nommât une coadjutrice et qu'on remît les choses en leur premier élat. Madame la Palatine en parla â madame la marquise de Rambouillet, qui obtint le brevet pour sa religieuse d'Hyères (Louise-Isabelle). Aussitôt les cabaleuses de Saint-Étienne font les enragées, jusqu'à enfermer leur abbesse, la traiter de radoteuse et lui envoyer des poupées, comme si elle eût été eu enfance. Elles se pourvoient contre la nomination du roi. Enfin, après bien de la peine, tant par le support de l'archevêque que par le crédit de la famille , l'afTaire fut jugée au conseil d'en-haul à l'avantage de madame de Rambouillet , et le sacre du roi s'étant fait incontinent après, la reine elle-même, car il n'en falloit pas moins que cela, la mit en possession. Les rebelles furent assez insolentes pour déclarer à la reine qu'elles ne reconnoitroient jamais une coadjutrice. Elles firent des protestations contre tout ce qui s'étoit fait, et les plus envenimées se retirèrent chez leurs parents. Celles qui étoicnt demeurées ne se plaignirent que d'une chose, c'est que leur coadjutrice ne faisoit rien qui leur donnât lieu de mordre sur elle, et peu après elles commencèrent à se radoucir. »

C'est sans doute par allusion à toutes ces petites tracasseries, et pour peindre le changement qui s'étoit opéré dans l'esprit des religieuses, que Maucroix, quelque temps après l'élection, adresse, au nom des cinq sœurs les plus obstinées, son épi-

GII MAUCROIX.

tre à Arthénice , que l'on sait être le nom de la marquise de Rambouillet.

Cinq filles, ô grande Arlhénice, Viennent vous demander justice...

Les griefs de ces dames, c'est que madame de Saint-Elienne, leur jeune abbesse, sans doute pour donner l'exemple, se prive de toutes les douceurs de la vie, qu'à table elle n'a jamais faim, et repousse tout ce qu'on peut lui offrir de bon ou de délicat, et cependant

Qui ne prend repos ni repas.

Va le grand chemin du Irépas.

Or, nous voulons, quoi qu il arrive, Que notre chère abbesse vive.

Madame est donc suppliée de metlrc ordre à ce train de vie, et d'obtenir de sa fille qu'elle consente à se laisser vivre etqu'elle soit désormais plus sage :

Si vous nous faites ce bon tour.

Que le i)on Dieu, grande Arlliénicc, A vos vertus rendant justice.

Vous mette dans son paradis, L'an mil sept cent soixante et dix.

Par une préoccupation assez plaisante, M. Wakkenaer, ne se rendant pas bien compte du vœu final de cette épllre, a pris cette date Van mil sept cent solxanlc-dix, qui termine la pièce, comme l'indication quelque peu tronquée de sa composition , et il la classe cfrocUvcmcnt sous la date de 1670; mais outre le sens qui marque le rôle que

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