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SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXVII

qu'elle a quille ses habits de deuil, et que présentement elle est revêtue de sa robe nuptiale. Pour nous, Monseigneur, quelles grâces n'avons-nous pas à vous rendre de ces traitements si chrétiens et si honnêtes que nous recevons de vous? Vous n'avez pas signalé votre avènement par un coup de foudre, comme le dieu de la fable, je veux dire par des contestations d'éclat, qui causent pour l'ordinaire plus de scandale que d'utilité dans l'Eglise; nous n'avons encore senti votre pouvoir que par vos bienfaits. Aussi notre compagnie n'est jamais si bien d'accord que quand il s'agit de vous témoigner sa reconnoissance et son respect; en cela je tâche à ne me laisser surmonter de personne, et à faire paroitre que je suis. Monseigneur, etc. »

L'année 1675 vit mourir Valentin Conrart, l'un des plus illustres et des plus chers amis de Mancroix. Conrart, que TaUemant, on ne voit pas trop pourquoi , a fort maltraité, avoit été l'un des premiers prôneurs de Maucroix. On sait que sa maison , foyer du mouvement intellectuel de l'époque, étoil ouverte à tous les jeunes littérateurs, et nous avons un sonnet du jeune des Réaux qui témoigne assez des obligations que l'auteur des Historiettes avoit au sage Philandre K On peut rire sans doute des petits ridicules que TaUemant et la tradition prêtent à Conrart; mais, pour être juste, le lecteur,

1 Théodamas et Philandre, personnages deCyrus, étoient les noms que les habitués de l'hôtel Rambouillet et du Samedi donnoient à Conrart.

CLXVUI MAUCROIX.

sans oublier la louable émulalion de son esprit, l'inépuisable bienveillance de son caractère et les éminentes qualités de son cœur, se rappellera que celle institution littéraire, qui a jeté tant de gloire sur la France, l'Académie françoise, a pris jour dans sa petite maison de la rue Saint-Martin.— En ses dernières années, Conrart s'étoit lié avec Marie Le Vieux , cette charmante Olinde qu'aima ratru,etàqui celui-ci écrivoit, en 1659, les jolies lettres que l'on trouve dans ses œuvres. Les recueils Conrart, que possède la bibliothèque de l'Arsenal et qui renferment tant de documents précieux pour notre histoire littéraire, contiennent, entre autres preuves de l'esprit poétique de leur auteur, plusieurs épîtres et madrigaux à l'adresse de la belle Olinde; et l'on verra que Maucroix, dans ses lettres à l'amie de Patru , fait allusion aux soins qu'elle recevoit du grave Théodamas.

C'est vers ce temps que Maucroix publia ses Vies des cardinaux Polus et Campége, en manière de suite et de second volume à son Histoire du schisme d'Angleterre. La vie de Polus éloit traduite de Becatel, archevêque deRavenne, et longtemps secrétaire intime du ministre de Henri VUI; celle de Campége venoit de Sigonius, ami du cardinal et parfaitement bien informé; aussi le livre de Maucroix eut-il un véritable succès en raison des circonstances politiques du moment.

Nous venons de nommer Patru : c'est ici le lieu

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