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SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXXVII

Et en vérité, cet impromptu pourroit bien n'être que l'expression des liabitudes de la vie de Maucroix, et donner juste la mesure de ses relations avec le beau sexe. Ainsi, sous la date de 1680, nous retrouvons une élégie d'une louche assez délicate, el qui évidemment n'est plus qu'un jeu d'esprit, une affab'e de badinage :

Reviens, chère Philis, reviens, chère inhumaine!

Cette pièce, qui fut composée en l'honneur d'une des charmantes cousines, offre encore de la grâce et de la facilité :

C'est en vain qu'à Fleury je cherche des secours, Ah ! j'ai beau ni'éloigner, mon mal me suit toujours. Fleury, qui si souvent m'avoit servi d'asile Contre les vains soucis qui naissent à la ville, Oh je bravois du sort la haine et l'amitié, Où le bonheur des rois m'a souvent fait pitié; Fleury, ce lieu de paix, ce séjour si tranquille, Philis, est contre vous un refuge inutile...

L'auteur feint la passion, la doulenr, mais on sent que le cœur n'est plus pour rien dans ce pastiche. Aussi, quoi qu'en dise le poêle, l'occupationde sa vie n'est plus l'amour, mais le travail plus sérieux du cabinet et de la méditation.

Cette année, en effet, Maucroix publie la traduction du Traité de Lactance, De la mort des persécuteurs de l' Eglise K

Ce traité, sans contredit l'une des plus belles et

1 Paris, F. iluguet, 1G80, in-1-2 de 131 p.

CLXXVIII MAUCnOIX.

des plus riches découvertes du xvii« siècle , éloit dû au bibliothécaire de Colbert, le savant Baluze, qui venoit de publier le texte latin. Laclance y établit que les empereurs qui ont persécuté les chrélieus ont tous péri misérablement, et l'auteur y Justifie ce qu'il avance par le récit de la mort de Néron, de Maximien, de Galère, deDioclétien et de quelques autres. Mais ce n'est pas le seul intérêt que présente l'ouvrage. On y trouve matière à rectification pour un grand nombre de faits et de dates historiques , dont le Journal des savants du 15 juillet 1680 donnel'indication. Celle traduction de Maucroix n'a point de dédicace.

L'année suivante, Maucroix eut la visite d'amis illustres. Voici quelle en fut l'occasion. Louis XIV, sur le conseil de Louvois, avoit résolu de surprendre les villes de Strasbourg et Cassel, cédées à la France par les trailés de Munster et de Nimègue, et que les puissances allemandes s'obslinoient à ne pas livrer. Les préparatifs du voyage s'éloientfailsavec éclat, mais cependant comme s'il n'eût été question que d'un voyage à Chambord, où l'on ne douloit point que le Roi n'allât passer l'automne. La reine, le dauphin , la dauphine, Monsieur et Madame, le prince de Condé, le prince de Conli, et tout ce que la cour avoit de plus distingué, dévoient être de la partie. Racine et Boileau, en qualité d'historiographes , reçurent l'ordre d'accompagner sa majesté. Le départ eut lieu le 30 septembre, mais au lieu de prendre le chemin de Fontainebleau, le corlége

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