‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 106 sur 363 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CAIUS, CORNÈLIE, SCIPION

M>atenu par SEMPRONIE et par <X:TAVIUS.

SCIPION

Oui , je veux voir Caïus avant que de mourir ! Le voici. ( U «'«««d. ) <

( A OctATÎl». )

Vous avez entendu ma prière;

180 SCIPION ÉMILTEN,

Pnissiez-vous revenir pour fermer ma paupière ! A.llez, Octavius.... Mais ne Taccusez pas; Qu'on ignore de qui j'ai reçu le trépas : Renfermez ce secret; votre ami vous en prie.

(Octavius sort.) SEMPRONIi:.

Odieux!

SCIPION

Séchez vos pleurs, calmez -vous, Sempronie.

Ah! Seigneur!...

SCIPION

C'est Caïus qu'ici je viens chercher ; Épargnez-moi. Mon cœur sent la mort approcher, Le temps m'est précieux; et dans mon sort funeste , Je dois compte à l'État du moment qui me reste.' Caïus , pour sauver Rome et détourner vos coups , Scipion expirant se traîne jusqu'à vous. Quand le trépas déjà me presse et me dévore. L'amour de mon pays soutient ma force encore ;^ Et, poignardé par vous, mourant de votre main, Je viens vous implorer pour le peuple romain.

CAÏUS

Ciel!

SCIPION

Vous baissez les yeux, vous gardez le silence! Ah ! Caïus, réponds-moi , ne crains pas ma présence. D'aucun reproche ici m'entends-tu t'accabler ? C'est comme un suppliant que je viens te parler.

ACTK V, SCÈtiE III. 181

C4ÏUH.

Home doit remporter, et sa voi& qui m'implort!....

SCIPiON.

Non, connais ton erreur, il en est temps encore. Ah! j*ëlève vers tui mes défaillnntes mains ; Que j*obtienne en mourant le salut des Romains I Abjure tes projets ; au nom de la patrie ! Oui, Caïus, par ma voix c'est elle qui te prie. Hëlas! tu me verrais , pour flëchir ton courroux , Si j*en avais la force , embrasser tes genoux.

Pourquoi briser mou cœur par de vaines prières ? Si des plus saints devoirs j*ai franchi les barrières , Le salut des Romains m*en imposait la loi ; Et céder à vos vœux ne dépend plus de moi.

SCIPION

Il n*est donc plus d*espoir! ton âme est inflexible ! Cenest donc fait !... Caîus, tu rends ma mort horrible!

CAÏUS

Pluignez-moi !... Mais déjà Rome attend mon secours: Il faut briser ses fers , je le dois, et j'y cours !... llenesttemps,partous !... Ah! Seigneur!. ..ahlmon frère!. () funeste devoir! 6 Rome!... Adieu, ma mère.

182 SCIPION ÉMILTEN,

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