‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 142 sur 363 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

l^URCEL, BELVAL, JUSTINE.

MARCEL

Monsieur Belval !

BELVAL

C'est toi !... déjà ton nom m'avait....

MARCEL

Je vous présente Mes hommages , cousin.

JUSTINE

La rencontre est plaisante ! Mais comment....

MARCEL

J*ai servi pendant tout un hiver Chez un vieux procureur où Monsieur était clerc.

BELVAL

Oui, c*est laque Marcel, déployant son adresse. Faisait de son génie admirer la souplesse. Et trouvait chaque jour quelques expédients

Pour soustraire au patron les cadeaux des clients. Enfin , pris sur le fait, il fut n)is à la porte.

MARCEL

Pourquoi sur le passe revenir de la sorte ? J'étais un peu fripon, et vous fort libertin. Chacun a son penchant; tel est notre destin : Il faut payer tribut à l'humaine faiblesse. Les exemples d'ailleurs corrompaient ma jeunesse ; Je me perdais, monsieur, avec ce procureur. Aussi , pour rhabiller tout à fait mon honneur , De mes écarts nombreux pour clore enfin la liste , Pour me conserver pur , je sers un journaliste.

BELVAL

Peste ! quelle réforme !

MARCEL

Oh ! c'est un bon métier.

JUSTINE

Oui, le poste est brillant ! valet d'un gazetier !

Qu'appelles-tu valet? dis donc son secrétaire.

Il m'estime, sou cœur est pour moi sans mystère;

Je connais, comme lui, ses vœux et ses projets;

Je concours à sa gloire, et j'aide à ses succès.

De mon habileté sans cesse il a des preuves;

Je prépare un article , ou revois des épreuves ;

Bien souvent ses arrêts par moi seul sont dictés ;

Au théâtre je vais juger les nouveautés;

Puis il ajuste alors ce que je lui raconte :

C'est moi qui vois la pièce, et Valcourcn rend compte.

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