MARCEL, BELVAL, DORMEUIL, JUSTINE
DoRMEUlL.
Vous en ces lieux, BelvalPHé, qui venez- vous faire? Quoi ! ne craignez-vous pas le courroux de mon frère? S'il savait....
JUSTINE
Son courroux ne nous fait point de peur; Nous sommes de Valcour le collaborateur.
DORMEUIL
Que me contes-tu là? quelle plaisanterie!
BFÎ.VAL.
Oui, monsieur; pardonnez cette supercherie. Vivre éloigné d'Agathe est un affreux tourment; Je hasarderais tout pour la voir un moment. Excusez une ruse où mon espoir se fonde.
Justine a tout conduit , et Marcel me seconde : Je deviens par leurs soins rédacteur de journal.
DORMEUIL
C'est une extravagance : y pensez-vous, Bel val?... Mais je sais compatir aux chagrins de votre âge , Et de vous condamner je n'ai pas le courage. Le hasard sert parfois les projets les plus fous : Réussissez, mon cher, et vous êtes absous.
BELVAL
Ah ! monsieur, vos bontés doublent mon espérance! Oui, je dois réussir.
DORMEUIL
Ayez de la prudence.
De ce Valcour surtout il faut vous méfier ; Il fait, assure-t-on , un fort vilain métier. Il sait avec adresse en éviter la honte ; Mais on m'a raconté cent choses sur son compte....
JDSTINE.
Marcel nous instruira.
MARCEL
Comment ?
JUSTINE
Oui , tu pourrais Entrer dans notre ligue , et livrer ses secrets.
MARCEL
Et pour qui me prends-tu ? Je ne suis point un traître. Valcour est honnêtehomme, il m'aime, il est mon maître. Je voulais vous aider sans lui manquer de foi ; Mais s'il faut le trahir ne comptez plus sur moi.
àCn 1, MlBNh V. i7i
BBLVAL.
Va, je n exige rien dont le devoir soffense. Consens à m'introduirc, et garde le silence , G*est tout ce que je veux. Que ton cœur soit touche ;
( Lui douuiot une boorte.)
Allons, Marcel!... Voici les arrhes du marche.
MARCfeL.
Sur ce pied-là, j'accepte.
JUSTINE
Ah ! fripon.... Il me semble Que j'entends monsieur.... Oui.
DORMEUIL
Bon ; laissez-nous ensemble.
Je vais tenter encor de lui parler de vous.