‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 146 sur 363 · ACTE I, SCÈNE V. Î · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V. Î

Et que j*ai le premier, proposant des travaux. Souscrit pour réparer les chemin.^ vicinaux.

DORMKIllL.

Quoi! voilà le motif....

nilBUISSON.

Oui ; c*est , je le parie , De mon ami Valcour une galanterie.

Il exagère un peu , je crois; mais c'est égal.

iX>RMEIIlL.

Mon frère !

OUBUISSON.

Quel honneur! je suis dans le journal !

DORMBUIL.

Allons, vous vous moquez.

Dl) BUISSON.

Voilà comme vous êtes; Toujours contrariant , et frondeur des gazettes : Uien de ce qu on y lit n*est par vous approuvé. Vous faites Tesprit fort.

OORMEUIL.

i.e mot est bien trouvé.

Revenons a Tobjet qui près de vous m'attire.

Mais nous verrons un peu ce que vous pourrez dire D'un morceau que Valcour va bientôt insérer. Vous serez , malgré vous, forcé de l'admirer Il défmit l'esprit, le talent, le génie.... C'est magnifique !

DORMFUtL.

£h quoi ! toujours cette manie ! ( ) I. 18

Je ne vous conçois plus, mon frère , en vérilé ,

Depuis que de Valcour vous êtes entêté.

Quel est donc ce pouvoir que sur vous il exerce^

Vous qui, pendant trente ans occupé du comnierce^p

Jouissez maintenant du fruit de vos labeurs,

Vous, dont les goûts étaient simples comme les mœurs,

Et qui, vous renfermant au soin de vos affaires,

Etranger aux journaux, aux débats littéraires,

Content de votre état, vous borniez à savoir

Diriger des commis et conduire im comptoir:

Tout à coup on vous voit, d'un zèle fanatique.

Vous lancer dans les arts et dans la politique.

Les gazettes, voilà votre amour, votre loi;

Leurs arrêts sont pour vous des articles de foi ;

Devant un feuilleton votre esprit se prosterne;

Un mince rédacteur à son gré vous gouverne ,

A votre propre avis il vous fait renoncer,

Et par vous-même enfin vous n'osez plus penser.

Mon frère, pardonnez, c'est être trop crédule;

Votre facilité va jusqu'au ridicule....

Non , ce n'est pas agir en homme de bon sens.

Et partout, je le sais, on rit à vos dépens :

Je vous en avertis.

DTJ BUISSON.

Grand merci , mon beau -frère ; Mais, si l'on rit de moi, ce n'est pas votre affaire. On est d'âge , peut-être, à savoir ce qu'on fait. J'agis comme je veux, et je vois qui me plaît. Je me puis occuper et de vers et de prose , De beaux-arts, de journaux, ou de toute autre chose,

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