ACTE 1, SCÈNE VII
ARTAXICHCK.
Un inuiistrc affreux a poignarda Xercèt!
SiMIRE.
Grands dieux! vous permettez de semblables forfaits!
ARTAXFnCK.
£li bien ! que le malheur, ramitié nous rassemble : Pour alléger nos maux, supportons-les ensemble. I^ tendrcsic, les soins d'un frère et d'une sœur Pourront à nos regrets môler quelque douceur; £t nous soulagerons ma douleur et la vôtre, £d cherchant des secours dans les bras Tun de lautre.
SÉMinE.
Artaxerce, pour vous je crains tout en ce jour.
Tout me parait suspect en cette affreuse cour.
Peut-être, en cet instant, le crime encor s'apprête;
Peut-être un assassin menace votre tête;
Qui sait si sa fureur ne va pas éclater
Sur les degrés du trône où vous allez monter?
ARlAXtRCE.
Non , ne redoutez pas un coup si téméraire. Toutefois, Artaban veille sur votre frère; 11 saura d'un complot pénétrer les détours. Et sa tendre amitié vous répond de mes jours.
SÉMIRE
Je n'envisage rien que ma crainte mortelle. Oui sans doute. Seigneur, ses vertus et son zèle Vous sont contre le crime un fidèle soutien ; Mais qui peut rassurer un cœur tel que le mien 7
AKTABAN.
Je rends grâce. Seigneur, à votre con6ance.
30 ARTAXERCE
Mais, croyez-en mon âge et mon expérience ,
D'un sujet criminel craignez les trahisons;
De la princesse enfin partagez les soupçons.
Celui qui sur son roi porte sa main perfide,
Espère quelque fruit d'un pareil parricide;
Le seul ressentiment ne guide point son bras ;
Il médite en son cœur de nouveaux attentats;
Et dans les noirs projets où son esprit s'égare.
Ce coup n'est qu'un prélude aux forfaits qu'il prépare.
ARTAXERCE
Pour quel funeste rang , grand Dieu , m'as-tu formé ! Un roi , quand il le veut, ne peut donc être aimé ! Faire bénir mon règne était ma seule envie : Eh bien ! à peine au trône, on en veut à ma vie ! Ah î s'il me faut toujours punir et soupçonner, De soldats, de bourreaux, s'il fautm'environner, Si je dois par le sang affermir ma puissance , Daigne abréger, ô ciel ! ma pénible existence; Et m'arrachant au joug qui m'attend désormais. Épargne-moi l'horreur de craindre mes sujets ! Cependant en ces murs que l'on rappelle Arbac*e. Prince , je le plaignais, roi , j'accorde sa grâce; C'est l'ami d'Artaxerce; et ce jour de douleurs. Commençant mon pouvoir, doit finir ses malheurs. Et toi, qui vois mes pleurs du séjour de la gloire. Pardonne si ton fils qui chérit ta mémoire, Ose faire l'essai de son autorité En révoquant l'arrêt par toi-même porté ! Libre de ses liens, maintenant, 6 mon père , Ton âme a dépouillé son courroux trop sévère!