‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 250 sur 363 · HENRI, GARDES · texte numérisé non relu

HENRI, GARDES

Arrêté dans Paris! Ciel ! que viens-je d'apprendre? Que faire maintenant! quel parti dois-je prendre? De tous mes ennemis c'est le plus dangereux. Irai-je imprudemment me montrer généreux? Quand le sort dans mes fers a voulu le conduire , Rendrai-je à mon rival le pouvoir de me nuire!... Que dis-je? le Dauphin est mon plus sûr appui : Les princes de son sang me servent contre lui. Je dois, me ménageant des obstacles utiles, Entretenir ainsi les discordes civiles, Fournir aux factions des aliments nouveaux, Et toujours l'un à l'autre opposer mes rivaux. J'établis ma puissance en nourrissant leurs haines. Mais si le fils du roi demeurait dans mes chaînes. Je verrais à l'instant tous ces princes français Qui , jaloux de ses droits, secondent mes projets. Se rappelant alors quel sang coule en leurs veines, De l'Etat à leur tour me disputer les rênes. Et, d'un trône ébranlé redoutables vassaux. Pour marcher contre moi déserter mes drapeaux. Que le Dauphin soit libre ; il le faut : tout m'atteste Que sa captivité me deviendrait funeste. Oui, Français, j'ai besoin de vos divisions; Mon pouvoir s'affermit au bruit des factions : Je ne puis triompher, ni régner que par elles.

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