ACTE III, SCÈME VII
LE DAUPHIN
Mon père !
tr. nul.
C'en est trop!... et mes sens affaiblis.... ( On t'emproÉc autour de loi, ) Laissez.... je suis heureux.... j*ai retrouvé mon 6is!...
LE DAUPHIN
Nos ennemis communs m*ont rendu leur victime. Sire; mais j'eus toujours des droits à votre estime. Des plus lâches forfaits quand on m ose accuser....
LC ROI.
Ta présence a suffi pour me désabuser.
LF DAUPIIin.
Non, le courroux d'un père est trop facile à vaincre: Cest peu de vous toucher, je prétends vous convaincre. Connaissez mes projets, mes vœux et mon espoir. Replacer en vos mains le souverain pouvoir. Déjouer des partis Tattente criminelle.
Vous affranchir surtout d*uue indigne tutelle. Ranger à leur devoir d'ambitieux vassaux , Aux i*emparts de Paris relever vos drapeaux. De vos États enfin prévenir le partage. £t, du roi mon aïeul recouvrant riiéritage. Du joug de IVtranger délivrer vos sujets. Voilà, sire, voilà le but de mes projets. Voilà de quel espoir s est flatté mon courage. Et cependant c'est moi qua vos yeux ou outrage! Vous ravir la couronne est mou secret dessein ? Je suis un fils rebelle? un infâme assassin?... Sire, Jean de Bourgogne immola votre frère; I. 31
Moi-même à ses complots j'eus peine à me soustraire :
Pour le bien de l'État j'avais tout oublié ;
J'allais à Montereau chercher un allié.
Mais à ma confiance opposant son audace.
Devant moi, sans respect, il s'emporte, il menace!
J'interromps ce vassal qui parle en souverain....
Le duc sur son épée ose porter la main!...
J'allais au même instant punir son insolence ;
Tannegui-Duchâtel entre nous deux s'élance,
Il le frappe , et sans vie il le jette à mes pieds.
Mes jours furent proscrits, mes vœux calomniés;
Enfin ma perte alors semblait être assurée.
Mais pour les cœurs français l'infortune est sacrée;
A des calculs honteux ils ne sont point soumis :
L'excès de mes malheurs m'a donné des amis.
Vos plus nobles guerriers, Rieux, Dunois, Tonnerre,
La Hire, Barbasan, la Trémouille, Sancerre,
Sont venus, de ma cause appuyant l'équité.
Associer leur gloire à mon adversité.
Mais votre haine encor poursuivait ma misère :
J'ai dû tout hasarder pour détromper mon père.
Je vous ai vu !.... pour moi vos bras se sont ouverts!...
Je ne me souviens plus des maux que j'ai soufferts.
Li: noi.
Ainsi depuis trois ans voilà ta destinée! Tu traînais loin de moi ta vie infortunée : El je t'ai méconnu ! j'ai causé les malheurs ! Pardonne-moi , mon fils.... lu vois couler mes pleurs... Hélas ! ne me sois pas un juge trop sévère ; Pardonne, prends pitié de ton malheureux père.