LE DAUPHIN, CRAON
m DAUPHIN.
C'est vous, Craon ! Eh bien, que faut-il que j'os|>èrc? Le ciel a-t-il pitié de mon malheureux père? Cet horrible délire.... Ah ! vous voyez mes pleurs; Répondez.
CRAON
Le sommeil a calmé ses douleurs.
l.V DArPIIlN.
Est-il vrai ! sa soufTrance est enfin apaisée!
CRAON
Par ce dernier accès sa force est épuisée. Ne vous assurez point en ce calme trompeur; Silencieux, frappé d'une morne stupeur, Etonné de nos soins qu'il craint et qu'il refuse. Il n'a plus du passé qu'une image confuse.
LE DAUPHIN
() ciel !
CRAON
De son état vous voyez le danger.
Cher prince; h son départ il ne faut plus songer. Je soupçonne d'ailleurs que de cette entreprise....
oOO CHARLES VI,
LE DAUPHIN
Ah ! ne me cachez rien , parlez avec franchise , Craon; vous semble-t-il aussi près du tombeau? Ne peut-on de ses jours ranimer le flambeau?
CRAOîf.
Toute espérance encor, seigneur, n'est pas éteinte. Si du mal qui l'assiège une soudaine atteinte Ne vient pas rallumer ses funestes transports. Et consumer son être en de nouveaux efforts, Le repos, dont enfin sa souffrance est suivie. Peut réparer en lui les sources de la vie.
LE DAUPHIN
Cher ami!...
CRAON
Cependant craignez de vous flatter.
Et songez aux périls qu'il nous faut redouter.
LE DAUPHIN
Non, le plus doux espoir....
CRAON
C'est le roi qui s'avance; La reine l'accompagne, évitez sa présence.
LE DAUPHIN
Ah! Craon!...
CRAON
Vous servir est ma première loi.
Allez, éloignez-vous, et comptez sur ma foi.
\<;TK V, SCÊNK 11 .'K)l
SCiîNE II.
Lt HOI, I.A HKINK, CRAON.
Oui, sire, roiitrc voua il a tiré \v glaive, il séduit vos sujets, les annc, les soulève.
LE ROI
Quoi! mon fils' à ee point il serait criminel?