‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 95 sur 363 · C.AÎUS · texte numérisé non relu

C.AÎUS

Je ne le sens que trop, sa perte est nécessaire; Scipion doit périr.... mais que dira ma mère?

FULVIUS

Ce mot m'ouvre les yeux. Oui , le sang , j'en conviens,

Tattaclie à Scipion par de trop forts liens.

Une sœur qui t'est chère à son sort est unie ;

Sans doute il embellit les jours de Sempronie;

Et tu peux, effrayé d'un pareil attentat ,

Préférer son salut au salut de TËtat.

Ta gloire en souffrira ; mais enfin la patrie

Toujours par dessus tout doit-elle ^trr chéri»» ?

Je sais que Rome a vu, dans un moindre danger, Brutus et Torquatus, ardents à la venger, De leurs fils , sans pâlir, ordonner le supplice ; Mais alors les Romains pratiquaient la justice. Ils nourrissaient leurs cœurs de ces mâles vertus Que Ton admire encor, mais qu'on n'imite plus.

CAÏDS

Je les imiterai , quelque prix qu'il en coûte ! L'intérêt des Romains est le seul que j'écoute. Oui , j'en fais le serment, l'ennemi de nos lois A vu l'astre du jour pour la dernière fois.

FOLVirS.

Non , non , consens plutôt à laisser Rome esclave , A céder la victoire au Sénat qui te brave.

CAÏUS

Moi , trahir les Romains ! moi , les abandonner ! Fulvius, quels conseils oses-tu me donner?.... Mais non, je lis trop bien dans le fond de ton âme : Tu m'offres le tableau de cette fuite infâme , ,. . ? Pour échauffer encor mon zèle et mon courroux. Je connais mes devoirs, je les remplirai tous. Oui, c'est trop différer ; Rome attend sa victime , Donne-moi ce poignard. .,, .;..i>

FULVIL'S.

O dévoûment sublime î Quoi ! ton bras....

CAÏUS

C'en est fait ; notre sort en dépend ; Je le dois immoler, et j*y cours a l'instant. » '

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