ACTE II, SCEfiK
nvpni.
Qui ? moi ? vous voulez rire.
On ne voit aujourcriitii que faiseurft de projets. Qui savent exploiter nos douleurs, nos succès. Feindre de beaux transports pour exciter les nôtres. Et se faire valoir avec Targent des autres. Je n*eDC0urage point de tels spéculateurs.
GERMAIN, ployant un papier pour le nMttrr Haim u poche.
Passons.
DIIPRF.
Qu'avez-vous là ?
, GF.RMAIN.
Le nom des souscripteurs.
DVPRÉ.
Voyons un peu. Comment ! le duc de Sombreville Souscritpourmille francs!.. Souscrivez pourtroismille.
GERMAIN, prenant DOte.
Trois mille francs.
nu PRÉ.
Ce duc est d'une vanité î Partout au pi*emier rang il veut être cité!... Non, non , monsieur le duc, à vos vœux je m'oppose; Après moi, s'il vous plaît. Avons nous autre chose?
GtRMAIN.
Oh ! le plus important, laffaire de Francfort.
DU PRÉ
En effet, oui, l'emprunt pour celte cour du Nord.
GERMAIN
Voilà ce qui s'appelle une affaire superbe.
DUPIIÉ.
C'est un prince qui veut manger son blé en herbe : Tout comme il lui plaira.
GERMAIN
Sur les conditions Avez-vous rédige vos observations? J •
DU PRÉ. '
11 n'en est pas besoin, je n'en ai point à faire,
Et le projet en tout a dû me satisfaire. ^»nm^^^'
GERMAIN
Alors je vais répondre, et mander....
DU PRÉ
Un instant; Il reste à convenir d'un point fort important. Le prince qui réclame ainsi notre assistance, D'un voisin redoutable a lassé la constance. Une guerre, dit-on, menace ses États. Ces chocs de souverains ne me conviennent pas. Je prétends m'éclaircir, et, sur ce bruit sinistre. Faire, avant de conclure, expliquer son Ministre.
GERMAIN
Comment!...
DUPRÉ
Répondez donc : Que nous voulons d'abord Qu'entre les souverains il ménage un accord. Leurs griefs ou leurs droits ne nous importent guère. Mais dans notre intérêt il ne faut point de guerre ; Nous exigeons la paix, c'est un besoin urgent; Sans cette garantie on n'aura pas d'argent. Quand vous aurez écrit, je reverrai la lettre.
ACTK II, SCÈNK IV. IW
l.kKMkîft.
Ecrire sur ce Ion ! oser ic le permettre ! Un Ministre, monsieur!...
N*est rien auprès de nous; ht celui-là, d^aillcurs, est raisonnable et doux. Vous verrez qu'avec zèle à mes vœux il se prête.... L emprunt doit contenir une clause secrète.
GERMAIN
Kh quoi....
DUPR^.
Notre pouvoir peut-être vous surprend?
Moi-même quelquefois il me semble trop grand , Je Tavoue ; oui , bientôt il faudra qu'on le craigne : Les rois sont sur le trône, et c'est l'argent qui règne.