ACT£ H, SCÈNE
MICUXL.
Oui, Fraoçoift.
FRANÇOU.
Quel diftcours.
Toi, si bon ouvrier, dan» tes goûts si modeste! Quel revers t'a réduit à cet ëtat funeste?
MICHEL
Trois mois de maladie. Enfin j*ai tout perdu : Pour me pouvoir soigner ma femme a tout vendu. Il ne nous reste rien.
PHANÇOIS.
Allons, reprends courage.
Tu peux réparer....
MICHEL
Oui , si j'avais de Touvrage.
Mais quand il m'a fallu suspendre mes travaux. Mes pratiques ont pris des ouvriers nouveaux. Nous sommes à Taumône.
FRANÇOIS
O ciel ! est- il possible ?
MICHEL
L*excellente Pauline, à nos malheurs sensible, Daigne nous prodiguer ses charitables soins. Hier encor, voulant connaître nos besoins. Elle envoya chez nous mademoiselle Ursule.
FRANÇOIS
Sa femme de chambre ?
MICHEL
Oui. Mais je me fais scrupule D'accepter ses bienfaits, François; il est cruel....
FRANÇOIS
Il me vient une idée! Econte-inoi, Michel. Je connais un monsieur d'une obligeance extrême, Que partout on consulte, on respecte, l'on aime. Qui n'a d'autre bonheur que de faire du bien; De t'avoir de l'ouvrage il trouvera moyen.
MICFIEL.
Ah ! tu me rends la vie ! Et quel est ce brave homme?
FRANÇOIS
Monsieur de Rougeval, c'est ainsi qu'on le nomme ,
Sur tous les malheureux étend sa charité;
Son crédit est égal à son humanité :
Il donne aux ouvriers du travail , des pratiques,
Avance les commis, place les domestiques;
Et cela par bonté, sans faste, sans orgueil.
C'est lui qui m'a placé chez monsieur de Verteuil ;
Ursule, qui n'était qu'une simple servante.
Grâce à lui, de Pauline est presque gouvernante.
Enfin rendre service est sa plus douce loi.
MICHEL
Quel homme ! et tu consens à lui parler pour moi ?
FRANÇOIS
De grand cœur. .. Mais on vient... c'est lui, je crois l'entendre. Justement!... Ici près, Michel, tu vas m'attendre: J'ai besoin d'être seul un moment avec lui. Sors; je veux dès ce jour t' obtenir son appui.
MICHEL
Tu seras le sauveur d'un ami qui t'implore.