‹ Œuvres dramatiquesChapitre 25 sur 346 · II · texte numérisé non relu

II

LE PRÉSIJ>£WT.

£lle-inéme. A vos vertus sensible, • Elle accepte....

FERDINAND

Jamais! cessez de Tespërer; Je ne puis consentir à me fléshonorcr.

LE PRÉSIDENT

Arrêtez! Je vois trop quel soupçon vous anime. Si vous me conserviez encore quelque estime , Si pour votre bonheur mes soins ambitieux Ne m'avaient pas rendu méprisable à vos yeux, Vous m'auriez épargné ce discours qui me blesse. Oui , du prince , en effet , on connaît la faiblesse ; Ses démarches, ses soins ont prouvé son amour: Qu'en osez-vous conclure ? est-ce donc qu'à la cour On ne peut être aimée et rester vertueuse ? Non, cette passion, toujours respectueuse, A flatté la comtesse , et n'a pu la toucher : Elle n'a, croyez-moi, rien à se reprocher.

FERDINAND

Soit: j'aime à le penser; mais qui voudra le croire? Et lorsque la comtesse a compromis sa gloire, Puis-je, lui confiant mon honneur, mon repos....

LE PRÉSIDENT

Le temps la vengera de ces honteux propos. Enfin, tout est conclu, ma parole est donnée. Et partout ce matin Ton sait votre hyménée.

FERDINAND

Je vous l'ai déjà dit, je n'y puis consentir.

ACT£ II, SCËNE 11. 51

LE PHéSIDBRT.

Qu*eiiteoclf-je? ah! VOUS pourriez bientôt VOUS repentir... Écoute , mon cher fils ; quelle est cette folie ? Allons, cède à mes vœux , un père t'en supplie; Ferdinand , donne-moi cette marque d'amour. Songe que tes refus me perdraient sans retour. Tu ne Tignores pas, le prince est inflexible ; Il se croira joué...

FXRDIffANl>.

Non, il m'est impossible!

Je puis, pour votre gloire et pour votre bonheur. Sacrifier ma vie, et non pas mon honneur.

LK PRÉSIDENT

Ah! c'est trop m'outrage r , ingrat, et ma constance

Est lassée à la fin de tant de résistance.

A mes ordres ainsi ne crois pas échapper :

Tous ces prétextes vains ne sauraient me tromper;

Je vois trop (jusqu'ici je ne pouvais le croire )

Qu'un méprisable amour....

FERDINAND

Oui, j'aime, j'en fais gloire ; Oui, je connais l'amour, et j'ai su l'inspirer : Je vous cherchais ici pour vous le déclarer.

LE PRÉSIDENT

Quoil c'est peu d'être sourd à ma voix qui t'implore. C'est peu de me trahir , tu me braves encore ! Eh bien, tremble à ton tour; garde-toi de penser , Ingrat, qu'impunément je me laisse offenser. Tu sais ce que je puis y et tu dois me connaître. Finissons. La comtesse en ces lieux va paraître ;

Elle-même a daigné te choisir pour époux ; Accepte cet honneur, ou mon juste courroux, Cherchant l'indigne objet de ta coupable flamme, liC punira des maux où tu livres mon âme.

FERDINAND

Dieu!

LE PRÉSIDENT

Grains de me réduire à cette extrémité ; Il en est temps encor , cède à ma volonté.

FERDINAND

Vous l'exigez? eh bien, je verrai la comtesse.

LK PRÉSIDENT

Allons, mon fils, allons, dégage ma promesse; Songe, songe à ton rang, forme un noble lien, Assure pour jamais ton bonheur et le mien.

FERDINAND

Je la verrai , vous dis-je.

LE PRÉSIDENT

Ah ! de ta déférence Mon cœur.... mais la voici : remplis mon espérance ; Pour ton propre intérêt je t'en conjure encor.

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