I.K VICOMTE
Lisez.
Bien! tout est d'une clarté....
Souffrez que je le garde.
LE VICOMTK.
£t qu*en voulez-vous faire ?
LA BARONNE
Mais je veux me mêler un peu de celte affaire.
LK VICOMTE
Comment cela ?
LA BARONNE
C*est moî qui solliciterai ; J'ai le pressentiment que je réussirai.
LK VICOMTE
Vous, voir le Ministre?
LA BARONNE
Oui. Pourquoi p.ns , je vous prie ?
Quoique Ministre, on a de la galanterie. Une femme d'esprit, et qui nVst pas trop mal. Apprivoise d'ailleurs un sauvage, un brillai. Quelquefois indiscrète, et souvent importune, , II. 3*î
Elle sait à propos saisir l'heure opportune, Multiplier ses soins , ses démarches , ses pas ; Impossible est un mot qu'elle ne comprend pas: Sans se décourager d'un refus qui la blesse , Elle affecte d'y voir une demi-promesse ; Le Ministre, accablé de fatigue et d'ennui , Se trouve ainsi parfois engagé malgré lui ; Aussitôt on le presse, on le loue, on le touche, Et le mot qu'on voulait sort enfin de sa bouche. Voilà comme à présent on réussit partout.
LE VICOMTE
Un tel rôle, je crois, est peu de votre goût ?
LA. BARONNE
Peut-être.
LE VICOMTE
Oh! non, l'intrigue....
LA BARONNE
Enfin laissez-moi faire.
LE VICOMTE
Vous le voulez? allons, il faut vous satisfaire: Je vous donne pouvoir d'agir à votre gré.
LA BARONNE
Vous verrez mes talents; et bientôt....
LE VICOMTE
J'y mettrai Une condition pourtant.
LA BARONNE
Et quelle est-elle?
LE VICOMTE
Vous n'aurez point recours «i madame d'Orbelle.
ACTB II»6CtNE 111. 490
LA BARONIIF.
Soit.
LR VICOMTR.
On vient !... vos parents !... je ne veux pM les voir... Je sort.