‹ Œuvres dramatiquesChapitre 9 sur 346 · ACTE 1, SCENK 11 Î · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENK 11 Î

MADAME ROIISBERG.

J ai tout dit.

LOUISE

Ma honte, mes regrets....

Mtr.LF.R.

Pour un père qn*on aime on n'a pas de secrets.

LOUIHE.

Pardonnez !

MILLER

Quand ton âme à l'amour s'abandonne....

Eli bien, oui, je te plains, je t'aime, et te pardonne: N'en parlons plus.

Mon père!

MILLER

Oublions le passé.

Tu reconnais ta faute, et tout est efface.

LOUISE

Quoi !...,

MILLER

Ma sœur a tout fait; sa conduite imprudente. Sa folle ambition....

LOUISE

N'accusez point ma tante; Non. Je vis Ferdinand , et je l'aimai d'abord : Un moment, un regard décida de mon sort. 11 m'en souvient, hélas! oui, sa première vue Jeta dans tous mes sens une ivresse inconnue. Un mélange confus de plaisir et d'effroi , Le besoin d'un bonheur encor caché pour moi.

Ce jour a pour jamais changé mon existence. Craintive à son aspect, et triste en son absence ^ Sitôt qu'il arrivait, je ne m y trompais pas : Je le reconnaissais au seul bruit de ses pas ; Partout son souvenir occupait ma pensée; Sur son chemin toujours je me trouvais placée; Je le voyais du moins, et même quelquefois Je rencontrais ses yeux, et j'entendais sa voix!.... Mais enfin ce fut lui qui chercha ma présence; Chaque jour un prétexte abrégeait son absence, Chaque jour amenait un plus doux entretien. Et bientôt tout son cœur s*épancha dans le mien. Il médit qu'il m'aimait 1....Ô moment plein de charmes! Je ne répondais pas, non, je versais des larmes; Je crus que cet instant marquait mon dernier jour; Je me sentais mourir de bonheur et d'amour.

MILLEH.

Ah ! ma fille, combien ma tendresse alarmée....

LOUISE

Non, ne me plaignez pas, j'aime et je suis aimée.

MILLER

O malheureuse enfant, quel délire est le tiei>! Quoi! de guérir ton cœur n'est-il donc plus moyen? Ce sentiment funeste a-t-il tant de puissance? Vois le rang du major, et songe à ta naissance : Nul espoir n'est permis à de telles amours.

LOUISE

Mon père, il me l'a dit, il m'aimera toujours.

MILLER

Insensée ! ah ! reviens de l'erreur qui t'abuse.

ACT£ I, SCÊNK II. tb

C*est en vain quaii soupçon ton àme s«r refuse; Jje mnjor Toublira : les devoirs, les plaisirs, L*anibition peiil-c^lre, ou de nouveaux désirs, Tout de ton souvenir doit eniin le distraire. Abandonnée alors....

M/IDAMK RONSBKRG.

En vérité, mon frère, Vous vous faites un jeu de la désespérer. Il semble que sans vous elle va s'égarer: De son honneur aussi je dois être jalouse. Le baron de Walter n'aura point d'autre épouse : C'est moi qui suis garant de ses intentions; Et, malgi*c vos terreurs et vos prédictions, Louise est réservée au sort le plus prospère.

Ah ! ce n'est point assez pour rassurer un père! £n faveur du major votre esprit prévenu....

LOUISE

Je le vois, Ferdinand ne vous est pas connu. Ah ! pour moi son respect égale sa tendresse. 11 connaîtra bientôt le chagrin qui vous presse; Sur lui, sur son amour je peux m'en reposer; Il parviendra, j'espère, à vous tranquilliser.

MILLER

Eh bien, je le verrai.

MADAME RONSBERG.

L'on vient.

LOUISE

C'est lui , sans doute.

MADAME RONSBERG.

C'est Wurm.

LOUISE

Ah ! vous savez combien je le redoute. Laissez-moi l'éviter.

(Elle sort.)

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