SCENE III
Et même, pour dormir, une botte de paiile. C'est tout.
LUDwicn , à part.
0 pauvreté !
Hl'BERT.
Je voudrais faire plus , Mais, vous voyez...
LUDWIGH.
C'est trop insister là-dessus.
Le voyageur assis près du foyer qui brille. Se délasse en causant... il est de la famille. Pas de façon pour moi...
HUBERT
Ah ! le foyer ! — du feu ! — J'entends... du feu!.. S'il faut vous en faire l'aveu, C'est pénible , et pourtant il faut que je me dompte; Au fait, pourquoi le pauvre aurait-il delà honte? Nous n'avons pas de bois. Monsieur, et pas de pain , Que re morceau pour vivre encor jusqu'à demain.
MDWIGII, à part.
Qu'ils en soient à ce point !
BERTIIE, bas, à Hubert, considérant Liuhvigh. Il a l'air bon, honnête.
IIUBERT.
L'est-il?
BERTHE
Il est heureux que, par cette tempête.
Vous n'ayez pas été sous la neige entraîné.
LUDWIGII.
Je connais le pays.
BERTHE
Ah!
l.rDWIGII.
Beaucoup, j'y suis né.
HUBERT
Oui, je voudrais vous mieux recevoir, mais la faute
En est à la misère... Ainsi, la main, mon hôte.
LUDWIGH, la saisissant avec un transport mal comprimé. Oh! cette main...
BERTIIE.
Quoi!
LUDWIGH.
nien; mais jeune , j'ai laissé Ma patrie, et depuis, bien du temps s'est passé. Exilé que j'étais sur de lointaines terres , Ma main ne pressait plus que des mains étrangères. Et j'ai cru , pardonnez, en serrant cette main, De mes jours d'autrefois remonter le chemin. Auprès de mon vieux père il m'a semblé renaître.
BERTIIE, à part.
Comme pour lui mon cœur s'émeut sans le connaître.
HUBERT
Il se fait tard... faut-il préparer votre lit ?
LUDWIGH.
Pas avant de souper.
HUBERT
Je vous l'ai déjà dit.
Monsieur, nous n'avons rien.
LUDWIGH.
Oui, mais ma gibecière Est, grâce au ciel, garnie assez bien; et j'espère Que vous allez manger quelque chose avec moi,
(Mettant les provisions sur la table à mesure qu'il parle.) Et boire de ce vin, un bon vin vieux, ma foi ! Comme aussi de ce kirsch.
nUBEIlT.
Vous me paraissez être Bon vivant.
LUDWIGH.
La sagesse est d'user du bicn-ôlrc Que le ciel nous accorde... ainsi donc, sans façon.