‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 118 sur 391 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, excepté PETlT-PON'i\

BARRAS, à tous.

Et maintenant. Messieurs, puisque nous sommes En nombre, écoulez bien. Moi, votre ampbitrion. Je réglemente ainsi notre réunion :

Libre à chacun d'avoir de l'esprit et de boire.

BLOIN

Liberté qui, du moins, n'aura rien d'illusoire.

BARRAS

Libre enfin de parler de tout, hors d'un seul point,

De politique.

M"' DE CHATJLIEU.

Oh ! moi, je ne conteste point.

BARRAS, s'adressant aux autres convives. Vous voyez. Et, de fait, est-il peste publique, Est- il pire fléau que cette politique Qui, sans vous demander si la chose vous plaît, Au lit, à table, au bal, vous vient prendre au collet ? Ainsi,

(S'adressant à M"' de Chaulieu.)

Que l'on ait fait. Madame, une conquête ; Tout homme, là-dessus, de se monter la tête. De rêver rendez-vous, amour ; qu'est-ce que c'est? On cherchait une femme, et l'on trouve un placet. Ou bien on vous demande avec grande msistance. Si l'Autriche ou la Prusse est mal avec la France.

(Se tournant vers Bloin et lui frappant sur l'épaule.)

Un ami? Pis encor : c'est un bruit, un fracas.

Un bouleversement de tous les potentats ;

La patrie en danger, et, Dieu lui soit en aide !

Le pathos des journaux proposé pour remède.

Enlin, c'est à ne plus savoir où se fourrer.

Partout la politique ! Et l'on ne peut entrer

Dans si chétif recoin, sans la voir là qui braille.

Se déchaînant auprès d'un pauvre homme qui bâille.

C'est pourquoi, cette nuit, du moins, n'en parlons plus.

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