‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 120 sur 391 · SCÈNE vin · texte numérisé non relu

SCÈNE vin

PETIT-PONT, seul, se grattant la tête.

Cet ordre de Monsieur ne me plaît pas du tout. D'autant que, pour mener ma barque jusqu'au bout, Moi, j'ai toujours tâché de ne heurter personne. On ne sait pas qui vit, ni qui meurt. Tel ordonne. Qui n'ordonnera plus, peut-être ; d'où je croi Que le mieux est d'abord de se conserver, soi. Et pour vivre en des temps aussi durs que les nôtres, De savoir finement se ménager les autres. Si donc un messager venait, je lui dirai Que Monsieur est absent, oui; mais je lui ferai Boire d'un bon vin vieux quelque bon petit verre. Décidément, voilà, je crois, ce qu'il faut faire.

(On entend te bruit d'une sonnette.)

PETIT-PONT

Hein ? On vient de sonner ; on sonne encor, ma foi. Si je laissais sonner ? Je ne sais si je doi Répondre. Si, pourtant, c'était quelque visite. Quelque dame ? Tant pis, je vais ouvrir ; ensuite. Nous verrons.

(Il va ouvrir avec de grandes précautions. Entre M*"" Sancy, jeune, jolie, coquette.

Justement.

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