‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 221 sur 391 · DONALD, ARONDEL · texte numérisé non relu

DONALD, ARONDEL

ARONDEL

Tu veux voir le comte ?

DONALD

Oui. Je reviens d'Angleierrc , Où lui-même m'avait envoyé pour afTairc ; Et là, j*ai recueilli certains fails ioiportans Dont je désirerais l'enlretcnir.

ARONDEL

J'entends. — Tu feras bieu, alors, de bâter ta visite.

DONALD

De la hâter ! pourquoi ?

ARONDEL

Mais, parce qu'il nous quitte.

* Représenté pour la première fois , sur le théâtre de l'Odéon, le 29 septembre 18û2. (Voir la note qui se trouve à la fin de celte pièce.)

282 L'HÉUITAGE DU MAI.

Digne Seigneur l —

DONALD

Gooiment ?

ARONDEL

Dunkan est au plus mal.

DONALD

Bah!

ARONDEL

Et tout le château prend un air d'hôpital. Non que depuis la mort de Robert, l'ancien comte. Il ait jamais été des plus gais, de bon compte ; Mais , las ! si tu savais, — c'est bien pis aujourd'hui ; Tous, malades, mon cher, moi le premier, d'ennui. Pour Dunkan, sur son mal, obscurité complète. Aussi, tous nos docteurs de se creuser la tête...

DONALD, ironiquement.

Bons docteurs !

ARONDEL

Discourant beaucoup ; — guérissant pea.

Et remettant le reste à la grâce de Dieu. — Quant à son fils, Fergus, — c'est encor plus tragique.

DONALD

Fergus, malade aussi?

ARONDEL

Malade pathétique , — D'un mal terrible et sot, — mal qui, de jour en jour. Va dévorant la tête et le cœur, — bref, l'amour !

DONALD

L'amour ! —Je le croyais mort, à l'entendre dire.

ARONDEL

Fort bien. — Connaîtrais-tu quelque chose de pire Qu'un amour de huit ans dont on ne guérit pas ?

DONALD

C'est donc toujours Edma qu'il adore, en ce cas?

ARONDEL

Sans doute.

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