ACTE I, SCÈNE IV
(l'endant la scène suivante, Donald et Arondel font groupe à
part, et Patrick cause bas avec David et les autres barons.)
DUNKAN.
Ah! c'est toi.
Je te cherchais. — Ton bras, — et reste auprès de moi, Jusqu'à la fin... la fin! qui ne tardera guère.
FERGUS, soutenant son père , et le conduis&at du côté du balcon.
Oui tardera longtemps encore, mon bon père.
(Aux autres Seigneurs de la suite de Dunkan.) Approchez ce fauteuil. —
(Ayant fait asseoir Dunkan.) Ëtes-vous bien ainsi?
DUNKAN.
Je veux être plus près du balcon. —
(On le rapproche.)
Bien, — merci. — Que je respire encor le grand air des campagnes.
(Se retournant vers les Seigneurs.) Oh! le bon temps pour moi, lorsque, sur ces montagnes. Nous chassions, Messeigneurs.— N'est-il pas vrai, vous tous? J'étais alors le plus robuste d'entre vous. — Nous partions au matin, tous gais comme l'aurore. — Un bon et joyeux temps!
FERGUS
Qui peut renaître encore.
DUNKAN, secouant la tête trisiemenl.
Jamais, jamais!.. —
(Un doigt sur le front.)
J'ai là, vois-tu, d'autres pensers.
Oh! les hommes, mon fils, sont tous bien insensés! —
Qu'avez-vous?
DUNKAN.
Rien. Mais, vois: déjà, quelle ombre épaisse
Sur ces monts !
FERGDS.
En ctTct, mon père, ie jour baisse.
DUNKAN.
C'est donc comme ma vie, alors. — Que tiens-tu là ?
FERGUS
Une lettre d'Edma, qu'on m'apporte.
DUNKAN.
Oui! lis-la.
Tu m'en diras, après, le contenu. —Fais vite.
(Fergus incline la tête en signe d'assentiment, décacheté la lettre et lit.)
ARONDEL, bas, à Donald, en lui montrant Dunkan. Eh bien ?
DONALD
Eh bien! je dis comme toi : qu'il nous quitte. El je vais...
(Il s'arrête, voyant Dunkan adresser la parole à Fergus.) DUNKAN.
As-tu lu ? — Tu semblés mécontent.
FERGUS, lisant toujours. Moi? du tout! — Attendez,— j'ai fini dans l'instant.
(Se parlant à lui-même en lisant.) Rien ! très bien ! — Mieux encor !
(Froissant la lettre avec colère , et se tournant vers son père.)
Toujours la même chose.
Son éternel refrain de scrupules sans cause!..
DUNKAN. j,^i;
Gomment?..
FERGUS
Que son Randolph ne Tut point criminel , Qu'elle peut l'attestera la face du ciel! Que sais-jo ? Eh ! i\q par Dieu ! s'il n'iUait pas coupable !