ACTE II, S€ÈNË VII
Si nous les lisions?
PATRICK
Moi ! pour qui me prenez-vous?
Me croyez-vous si fou que d'être de ces fous Qu'on appelle savans?.. Je suis bon gentilhomme... Et je ne sais pas lire.
DONALD
Eh bien ! soit ; mais, en somme.
Ta noblesse , Patrick, sent un peu l'ignorant , Et si tu veux...
(Il lui arrache le missel. ) PATRICK, s'éloignant avec un noble dédain , tandis que Donald feuillette le missel.
Jamais ! Patrick garde son rang.
DONALD, à part, après avoir parcouru le livre.
Prière de la Vierge... Ah! ah! de l'écriture
En marge... un rendez-vous... un R pour signature...
C'est lui...
(Haut.) Patrick !
PATRICK
Quoi?
DONALD
Tiens, voici venir par là Nos fiancés... Reprends ce bréviaire, et va... Au fait, non, pas encor.
PATRICK
Comment cela ?
DONALD
Demeure.
Tu les dérangerais maintenant... Tout à l'heure , Ce sera mieux.
AHONDEL, paraissant au fond avec d'autres seigneurs^ (Appelant.) ^
Patrick 1
318 L HÊRITAGl: DU MAL.
DONALD
On l'appelle, je cioi.
PATniCK, voulant aller vers Edma et Fergus. J'entends, mais...
DONALD, le poussant vers Àroadel.
Pas encor... je te dirai pourquoi.
(Revenant sur le devant de la scène, tandis que Patrick cause dans le fond.)
En efl'eL.. Avant tout, voyons... quel parti prendre ? Annuler ce retour, livrer Randolph, le vendre. S'entendre avec Fergus... oui, s'il veut m'écouter, Si mon vertueux sot avec moi veut traiter. — Lançons d'abord Patrick... le missel... bonne affaire ! Rupture... il est jaloux... je l'irrite, il s'enferre , SurprendRandolph... se voit contraint à l'arrêter... Contraint? oui... par des gens que l'on peut aposter. Et dès-lors. Monseigneur, choix facile, j'espère, Frapper un innocent, ou flétrir votre père, Lui...
(Voyant paraître Fergus et Edma.) Plus un mot, ù l'œuvre-, il vient, il est à moi.