‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 249 sur 391 · E ne us · texte numérisé non relu

E ne us

Non, voyez-vous? Edma , je suis lassé De voir qu'à travers tout, fiîtcset fiançailles, Sans cesse le passé plane sur ces murailles. J'en suis las... mieux vaudrait n'être pas qu'être ainsi.

EUMA.

Oui ! vous doublez ma crainte en me disant ceci.

FERGUS

En efl'ct, je suis fou, mon Edma ; mais, en somme. Pourquoi venir ainsi me parler de cet homme ? Tenez, pour èire heureux, oublions, en ellet. Et ce monde, elles morts, et tout ce qui s'est fait. Oublions, pour renaître au temps où nos pensées Autour d'un seul espoir fleurissaient enlacées. Jours purs, que mon Kdma se rappelle, oùsouveit. Tandis que chcminaienl les autres en avant.

320 L'HÉBITAGE DU MAL.

iSuus, retardant le pas, laissions dans les prairies ,

Ainsi qu'un gai ruisseau , courir nos causeries ,

Où nos yeux et nos cœurs, joints amoureusement,

Ne voyaient, n'éprouvaient rien qui ne fût charmant ;

Où, la nature et nous, n'étions que douces choses ,

Où, comme dans les champs, naissaient en nous les roses;

Où, tout nous paraissant beau, rayonnant, certain,

Nous projetions, hélas! de même qu'au matin ,

Deux enfans qu'on verrait, pleins d'ignorance encore ,

Croire à l'éternité des Heurs et de l'aurore ;

Beaux rêves !.. Se sont-ils pour jamais envolés?

(Apercevant Donald.)

Toujours cet homme!..

DONALD , bas, à Patrick.

Eh bien ! roi des cerveaux fêlés, Ton missel?

PATRICK, se frappant le front.

Ah!

(Arrêtant Edma au nioiiient où elle va sortir avec Fergus.) Salut, très charmante comtesse!

EDUA, souriant.

Salut, prince des fous... Que nous veut votre altesse?

FERGUS, avec l)onl(î.

Que veux-tu, mon enfant ?

PATRICK

M'acquitter comme il faut , Monseigneur , d'un message énormément dévot.

KDMA.

Kncor quelque folie.

PATRICK

Erreur vraiment, Madame; Folie!.. Appelez-vous ainsi le pain de l'âme?.. Un missel, par ma foi, dont un élu du ciel M'a fait présent pour vous.

(Ulc lui offrcO

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